Critique et analyse cinématographique

« Un début prometteur » d’Emma Luchini : …Et une fin décevante

Pour un premier film, un titre tel qu’Un début prometteur peut être vu au mieux comme présomptueux, au pire comme prétentieux. Mais le début pas si prometteur d’Emma Luchini est l’adaptation d’un roman éponyme de son compagnon Nicolas Rey ; on peut donc lui accorder le bénéfice du doute.

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Quand Martin, écrivain alcoolique et désabusé, retourne chez son père après une cure de désintoxication ratée, il se retrouve face à un frère de seize ans qui est son total opposé, plein de fougue et amoureux chronique. Alors que le premier tente désespérément d’ouvrir les yeux du second sur la dureté de la vie, ce dernier embarque son frère dans une virée à Paris à la rencontre d’une jeune femme pour laquelle il a eu le coup de foudre.

C’est ce trio qui forme le centre névralgique du film et qui est censé lui donner son rythme puisque les trois vont s’embarquer dans une sorte de virée hors du temps, entre paris sur des courses de chiens, incrustations dans un mariage et veillée bucolique à la belle étoile. Le gros problème est que l’on ne voit pas trop où le film veut en venir puisqu’il commence en chronique familiale, continue en road movie et finit en fable pseudo-poétique.

À vouloir courir trop de lièvres à la fois, Emma Luchini perd son spectateur assez vite, d’autant plus que les dialogues et la mise en scène sentent bon le téléfilm, tout en ayant des prétentions vaguement auteuristes. Pour lutter contre l’ennui, on peut éventuellement se raccrocher à certaines branches de l’interprétation. Certaines seulement car si les deux acteurs belges tirent amplement leur épingle du jeu – Zacharie Chasseriaud dans le rôle du jeune frère et Veerle Baetens dans celui de son coup de cœur – leurs compagnons de jeu font le minimum syndical. Manu Payet se cherche dans un rôle qui ne lui va pas du tout et essaye tant bien que mal de se dépêtrer entre un détachement ironique et ses mimiques habituelles, tandis que Fabrice Luchini vient jouer le patriarche comme pour adouber sa réalisatrice de fille, mais le fait avec un manque de conviction qui en dit long.

Thibaut Grégoire

 

Retrouvez cette critique sur Le Suricate Magazine

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