Critique et analyse cinématographique

« Seul sur Mars » de Ridley Scott : Feel-good movie spatial

Laissé pour mort par ses coéquipiers lors d’une expédition sur Mars, l’astronaute Mark Watney parvient à survivre notamment en faisant pousser des plants de pommes de terre dans sa base. Pendant ce temps, les responsables de la NASA et des scientifiques du monde entier tentent de trouver une solution pour le ramener sur Terre, et ses anciens coéquipiers, informés tardivement qu’il est en vie, décident d’organiser une mission de la dernière chance pour le sauver.

THE MARTIAN

Si son « pitch » fait irrémédiablement penser au Gravity d’Alfonso Cuarón, sorti il y a deux ans, Seul sur Mars s’en éloigne par bien des aspects. Tout d’abord, le film de Ridley Scott est beaucoup plus classique dans sa construction que celui de Cuarón, puisqu’il charrie toute une série de personnages secondaires et de points de vue, là où Gravity se concentrait principalement sur celui de l’astronaute perdu dans l’espace. Ensuite, Seul sur Mars flirte beaucoup plus avec la comédie – et même le « feel-good movie » – que son prédécesseur.

Et c’est précisément dans cette dimension humoristique et chorale – presque dans la veine de la comédie hollywoodienne classique – que le film séduit le plus. Car en parallèle au trip « survival » de Matt Damon (Mark Watney) qui fait pousser ses pommes de terres sur Mars au son de tubes discos issus de la playlist d’une des ses collègues astronautes, c’est aussi dans les tractations entre les pontes et les employés de la NASA, essayant de trouver la solution la moins risquée pour eux tout en voulant vraiment secourir l’astronaute égaré, que réside tout le sel du récit.

Comédie d’acteurs et de dialogues, Seul sur Mars réserve à chacun de ses nombreux personnages son morceau de bravoure et son intérêt, tout en laissant Matt Damon largement au premier plan. Le film donne d’ailleurs l’impression bizarre de se diviser en deux, voire en trois, entre la lutte pour la survie de Damon, le surplace impuissant à la NASA, et la mission de sauvetage au ralenti des collègues astronautes. Ces trois pistes narratives sont acheminées lentement mais surement – la longueur de 2h20 est pleinement justifiée dans le cas présent – de manière réellement efficace vers un final que l’on devine forcément heureux, en regard du ton que le film emprunte.

Dans la filmographie de Ridley Scott, Seul sur Mars apparaît un peu comme un entre-deux mineur mais sympathique – le réalisateur n’est pas à la base du projet – mais dans le paysage global du film à grand spectacle hollywoodien, il est une respiration bienvenue, une petite bulle de légèreté qui prend à rebrousse-poil les conventions du film de science-fiction pour mieux faire rire et émouvoir, sans violons ni effets de manche.

Thibaut Grégoire

 

Retrouvez cette critique sur Le Suricate Magazine

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