Critique et analyse cinématographique

« Schneider vs. Bax » d’Alex Van Warmerdam : Faux huis-clos hollandais

Après un modeste coup d’éclat avec le surréaliste Borgman – sélectionné à Cannes mais reparti bredouille – Alex van Warmerdam revient à quelque chose de plus léger, de moins discursif et de fondamentalement plus mineur avec Schneider vs. Bax, un affrontement contrarié et au ralenti entre deux tueurs à gages.

Schneider vs Baxschneide

Quand Schneider est contacté par un de ses clients pour tuer Ramon Bax, écrivain sur le retour vivant en ermite au beau milieu d’un marais, la tâche apparaît comme une promenade de santé. Mais Bax, chez lui, attend la venue de Schneider qu’il a également pour mission d’éliminer. Ce piège tendu à l’un ou à l’autre pourrait être exécuté en deux temps trois mouvements mais c’est sans compter sans l’intervention d’une galerie de personnages secondaires disséminés comme autant d’éléments perturbateurs sur le chemin des deux tueurs.

Dans ce huis-clos à ciel ouvert, les protagonistes sont obligés de graviter autour d’un centre névralgique, représenté par la cabane sur pilotis de Bax. Alors qu’ils s’enfoncent dans le marais et dans la forêt qui le borde, ce sont à la fois une impression de surplace dramaturgique et une irréalité proche du conte qui affleurent – on reconnaîtra la fille névrosée de Bax dans le rôle du petit chaperon et son grand-père pédophile dans celui du grand méchant loup.

Le film cherche son ton entre un humour noir distancié et une hystérie collective qui s’empare peu à peu des personnages, lesquels semblent irrémédiablement glisser dans l’irréalité et l’absurde. Malheureusement, le décalage devient assez vite systématique et les rebondissements ont tendance à sonner comme des gags foireux et des punchlines manquées dans ce qui ressemble petit à petit à un sketch étiré sur la longueur.

Le film n’est donc pas vraiment réussi. Il parvient bel et bien à installer une petite musique particulière dans un premier temps, ce qui n’est pas chose aisée compte tenu de son ancrage dans le film de genre. Mais son entêtement à s’enliser dans le vaudeville à surprises – de la même manière que ses personnages s’enlisent dans le marais – le fait sombrer peu à peu jusqu’au point de non-retour. Après tant de tergiversations et de retournements de situations, le final apparaît comme parfaitement banal et anecdotique, un comble pour un film qui arbore sa prétendue originalité en figure de proue.

Thibaut Grégoire

 

Retrouvez cette critique sur Le Suricate Magazine

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