Critique et analyse cinématographique

« Divergente 2 – L’Insurrection » de Robert Schwentke : Casser les barrières

Après un premier épisode assez décevant, l’adaptation de la série littéraire pour adolescents Divergente revient à Robert Schwentke (Flightplan, Red, R.I.P.D.) – qui succède ainsi à Neil Burger –, confirmant que ce type de sagas doit automatiquement être confié à des faiseurs, afin de ne pas trop trahir l’univers mis en place par les livres. Ceci dit, ce deuxième volet se révèle plus intéressant que le premier, tout autant thématiquement que visuellement, même s’il faut accepter son aspect sériel et très ciblé.

divergente

Petit rappel des faits : dans une société divisées en cinq factions (Audacieux, Érudits, Altruistes, Sincères, Fraternels), Tris découvre qu’elle est divergente – à savoir qu’elle a les capacités pour intégrer plusieurs factions à la fois – et se trouve contrainte de cacher son secret sous peine d’être persécutée par un gouvernement qui voit en elle une menace. Au début de ce deuxième épisode, Tris, accompagnée de ses comparses – son petit ami Quatre, son frère Caleb et l’opportuniste Peter –, est en fuite et pourchassée par les Audacieux, dont elle faisait elle-même partie. Elle se retrouve à pactiser avec les sans-factions afin d’enrayer la politique des Érudits, menés par Jeanine, tandis que celle-ci met tout en œuvre pour découvrir le secret des divergents.

Si le rapprochement avec Hunger Games est inévitable – par l’évocation d’un régime totalitaire futuriste, par la figure d’une héroïne forte et guerrière, etc. – ce deuxième épisode de Divergente emprunte aussi clairement à la saga Matrix, d’abord dans les décors utilisés pour figurer le repère des sans-factions – rappelant fortement Sion dans Matrix Reloaded – puis dans sa deuxième partie, lors de laquelle Tris se retrouve plongée dans un monde virtuel pour des simulations destinées à révéler son potentiel de divergente. C’est clairement dans ces scènes de simulations, prétextes à de véritables morceaux de bravoures en termes d’effets spéciaux, que le film trouve enfin son identité visuelle et propose de vraies visions, d’une grande beauté abstraite et assez inédite dans l’imaginaire des blockbusters du moment.

En dehors de son univers esthétique – plus abouti que dans le premier volet, donc – L’insurrection permet également de mieux évaluer les thématiques et le propos de Divergente dans sa globalité. L’univers décrit ici propose donc une société figée dans laquelle les classes sont bien définies et où le déterminisme règne en maître puisque le destin de chaque individu est scellé depuis son plus jeune âge. L’héroïne est l’antidote à cette immuabilité sclérosante puisque sa prédisposition à entrer dans plusieurs classes à la fois représente une espèce d’ascenseur social qui rend possible l’explosion des traditions et des convenances. En quelque sorte, c’est le rêve américain que Divergente évoque à travers la faculté de ce personnage à évoluer d’un milieu à un autre, à casser les barrières. En cela, la saga est beaucoup plus consensuelle que Hunger Games, puisqu’elle caresse le spectateur et le système dans le sens du poil, là où Hunger Games prône – gentiment – la révolution des valeurs.

Si le message de Divergente 2 : L’insurrection n’est donc pas forcément très original, la fonction première du blockbuster – à savoir le divertissement pur et simple – est pleinement remplie, à condition tout de même d’avoir vu le premier volet. Au-delà de son aspect visuel soigné, le film réserve aussi quelques bonnes surprises quant à certaines prestations d’acteurs. Kate Winslet continue visiblement de s’amuser à jouer la méchante perverse, et les jeunes Shailene Woodley et Miles Teller confirment leurs charismes respectifs, tandis que Naomi Watts y va de sa petite « guest appearence », avec un personnage ambigu qui risque d’être central dans le troisième épisode, au vu du « cliffhanger » du second. À suivre, donc….

Thibaut Grégoire

 

Retrouvez cette critique sur Le Suricate Magazine

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