Critique et analyse cinématographique

FILM FEST GENT 2017 – « Lake Bodom » de Taneli Mustonen

Quand un festival de cinéma non-spécialisé dans le film de genre choisi de sélectionner dans sa programmation un film comme celui-ci, il y a toujours un effet de curiosité qui attire le cinéphile, intrigué par ce qui a bien pu se dégager du film en question pour attirer les programmateurs et ainsi se différencier du tout venant de ce type de productions. Après la vision de Lake Bodom, on se dit que l’unique raison qui a pu pousser le Festival de Gand à le programmer est probablement la petite touche d’exotisme due à sa nationalité – finlandaise – et non ses qualités intrinsèques.

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Intrigués par un fait divers ayant eu lieu dans les années 60 sur les rives du lac Bodom, deux jeunes garçons décident d’emmener deux jeunes filles de leur école en excursion nocturne sur les lieux, pour mieux les effrayer à coups d’histoires macabres à la lueur du feu de camp, et de bruits douteux tous droits sortis du Projet Blair Witch. Mais les choses ne vont bien évidemment pas se passer comme prévu.

Il est difficile de parler d’un film comme celui-ci sans le « spoiler » allègrement. Donc, allons-y : après une demi-heure de film, la situation s’inverse quand le spectateur se rend compte que « tel est pris qui croyait prendre » et que les véritables victimes sont ici les deux pauvres garçons, cibles d’une terrible vengeance orchestrée par les deux filles, suite à une sordide histoire de sextape et autres rumeurs à caractère sexuel. Mais une fois cette partie « revenge movie » dépassée – après de longs tunnels dialogués très dispensables – le film glisse de nouveau dans un nouveau sous-genre du film d’horreur : le survival.

Car il est bien entendu qu’un film d’horreur digne de ce nom, garant de référents moraux et de clichés rétrogrades, ne peut laisser s’en tirer à si bon compte des personnages féminins revanchards et manipulateurs. Lake Bodom joue donc une ultime fois au jeu de l’arroseur arrosé dans une dernière partie punitive. Il y a dans ce calvaire final une dimension d’abstraction semi-expérimentale – coupes et fondus au noir en cascade, sur une bande sonore bien crapoteuse – qui pourraient être vue comme « audacieuse » mais ne réussit pas à sauver le film de l’ennui et de la banalité desquels le Festival de Gand a eu la grandeur d’âme de vouloir le sortir pour donner l’illusion, un court moment, qu’il était plus digne et plus « auteur » qu’une joyeuseté décomplexée du BIFFF.

Thibaut Grégoire

 

Le Festival de Gand se déroule du 10 au 20 octobre 2017

Plus d’infos sur le site du festival

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