Critique et analyse cinématographique

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FILM FEST GENT 2018 – « A Bluebird in My Heart » de Jérémie Guez

Thriller français mettant en scène un acteur danois et deux actrices belges, Tu ne tueras point (A Bluebird in My Heart) sent bon la coproduction foireuse et le Tax Shelter. Il permet en outre de voir un « talent » de la génération des scénaristes « petits malins » biberonnés au cinéma américain de passer à la réalisation.

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Pour résumer clairement le film et donner une petite idée de ce qu’il représente, on pourrait parler d’un film de Jean-Claude Van Damme, période DTV, sans Jean-Claude Van Damme, et visant la sortie en salle. À savoir, l’histoire très originale d’un ex-détenu visant à mener une vie paisible loin de son passé, mais hanté par les démons de celui-ci lorsqu’il venge la fille de son hébergeuse, agressée et violée par un délinquant notoire. C’est tout ce qu’on a déjà vu des centaines de fois, mais passé à la moulinette d’un pseudo-réalisme passe-partout et mâtiné de dialogues ineptes.

Ce n’est pas anodin de constater que Jérémie Guez fut notamment le scénariste de Lukas, la dernière tentative de come-back en date de JCVD, mais également de films tels que La Nuit a dévoré le monde ou encore Carnivores, lesquels tendaient à perpétuer une mouvance très à la mode, celle de l’abattage des barrières entre cinéma de genre et cinéma d’auteur. Tu ne tueras point est un exemple parlant de l’inanité de la plupart de ces tentatives (il existe heureusement quelques exceptions à la règle, dont l’excellent L’Heure de la sortie de Sébastien Marnier, à sortir en janvier 2019), exposant nettement un enfonceur de portes ouvertes ayant l’impression d’inventer l’eau chaude.

Thibaut Grégoire

 

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FILM FEST GENT 2018 – « Duelles » d’Olivier Masset-Depasse

Huit ans après le coup d’éclat éphémère Illégal – suivi d’un calme plat assez éloquent –, le belge Olivier Masset-Depasse revient finalement sur le devant de la scène avec l’adaptation d’un roman de Barbara Abel. Après une première mondiale à Toronto, le film est présenté à Gand….

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Une fois n’est pas coutume, commençons par une question : quelle est la définition de « faire son intéressant » ? C’est, par exemple, adapter le roman d’une auteur belge et, plutôt que de se contenter de garder le titre dudit roman, lui préférer celui – agrémenté d’un « s », tout de même – d’un tout autre roman de cette même auteur. C’est aussi, toujours par exemple, vouloir à tout prix adapter ce roman, lequel se déroule de nos jours, dans les années 60, histoire de bien pouvoir montrer ses muscles et briller par la reconstitution ou les « beaux » plans stylisés, à la manière de….

Avec Duelles – adaptation, donc, de Derrière la haine de Barbara Abel –, Olivier Masset-Depasse s’en donne à cœur-joie, « hitchcocke » et esthétise à tout-va en orchestrant son duel téléphoné entre la brune et la blonde, thriller paranoïaque à la petite semaine. Rien ne vit et tout sent le renfermé dans ce téléfilm de luxe qui ne raconte strictement rien de plus que son petit suspense domestique mais se donne des grands airs par sa stylisation à outrance.

Par son côté désespérément premier degré et le jeu outré de ses comédiens (Veerle Baetens en tête), Duelles aurait pleinement sa place à la télévision un samedi soir. Ce serait d’ailleurs dans l’ordre des choses que l’on retrouve Olivier Masset-Depasse d’ici un an ou deux à la tête d’une des « merveilleuses » séries de création de la RTBF.

Thibaut Grégoire

 

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BIFFF 2018 : Top 12 + Flop 5

En conclusion d’une excellente édition 2018, marquée par quelques temps forts – dont la masterclass « historique » donnée par Guillermo Del Toro – le BIFFF a fermé ses portes dimanche passé. Il est désormais venu le temps du sempiternel bilan. Grand cru oblige, le top 10 s’est facilement élargi à un top 12….

 

Top 12

1/ Before We Vanish de Kiyoshi Kurosawa

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2/ How to Talk to Girls at Parties de John Cameron Mitchell

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3/ La Femme la plus assassinée du monde de Franck Ribière

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4/ Human, Space, Time and Human de Kim Ki-duk

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5/ Survival Family de Shinobu Yaguchi

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6/ Blue My Mind de Lisa Brühlmann

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7/ Double Date de Benjamin Barfoot

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8/ Killing God de Caye Casas et Albert Pintó

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9/ Dhogs d’Andrés Goteira

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10/ Freehold de Dominic Bridges

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11/ Parallel d’Isaac Ezban

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12/ The Place de Paolo Genovese

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Flop 5

1/ What the Waters Left Behind de Luciano et Nicolás Onetti

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2/ Hunting Emma de Byron Davis

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3/ Mercy Christmas de Ryan Nelson

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4/ House of the Disappeared de Dae-wung Lim

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5/ I Kill Giants d’Anders Walter

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Le BIFFF s’est tenu du 3 au 15 avril au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles

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BIFFF 2018 : Carnet de bord (jours 10 et 11)

Retour sur les derniers jours du BIFFF, durant lesquels nous pûmes découvrir rien de moins que le meilleur et le pire film du festival.

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Luciferina de Gonzalo Calzada

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Un peu au-dessus du tout-venant présenté au BIFFF cette année en matière de films de possession et/ou d’exorcisme, Luciferina mise cependant bien trop sur les « jump scares » et les effets faciles, avant d’échouer à retranscrire proprement et avec le minimum syndical de mysticisme une séance de chamanisme, ou encore de tomber dans le grand-guignol absolu lors d’un final « osé ».

Note : 4/10

 

Tigers Are Not Afraid d’Issa Lopez

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Fort de ses statistiques d’ouvertures sur les enfants orphelins ou victimes de la guerre des gangs au Mexique, la petite sensation festivalesque que constitue Tigers Are Not Afraid tente d’instiller du merveilleux et de l’onirisme dans un décorum se voulant ultraréaliste mais dont le naturalisme empli de pathos se montre extrêmement envahissant. Tout comme I Kill Giants – également présenté au BIFFF cette année – le film d’Issa Lopez fonctionne à l’affectif et joue sur la corde sensible pour amadouer son spectateur, faute de réellement créer un univers original, ou tout du moins d’accorder de manière plus ou moins efficace deux mondes dont le choc devrait amener de la singularité : en l’occurrence, la violence des bas-fonds et un rêve d’enfant.

Note : 4/10

 

Before We Vanish de Kiyoshi Kurosawa

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Faux film de SF dans lequel le sens des mots joue un rôle déterminant sans pour autant en faire un film discursif ou « sur la parole », Before We Vanish n’est probablement pas le meilleur film de Kiyoshi Kurosawa, ni même le meilleur parmi ses plus récents, mais son aspect hybride, à la fois contemplatif, déambulatoire, et traversé de morceaux de bravoure ou de coups d’éclats spectaculaires digne de blockbusters américains ou de films de série B, lui donne un impact certain.

Note : 8,5/10

 

What the Waters Left Behind de Luciano et Nicolás Onetti

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Daube voyeuriste, tape-à-l’œil et effroyablement prétentieuse, What the Waters Left Behind exhibe fièrement ses beaux plans « travellingés » et interminables sur des paysages, puis sur des coïts, puis sur des viols, puis sur des meurtres, puis de nouveau sur des viols, etc. Derrière l’excuse d’un film de genre – anticipation, survival, … –, ce film argentin est fondamentalement honteux, représentant un summum dans l’esthétisation sans recul ni réflexion de la violence sous toutes ses formes

Note : 2/10

 

Le BIFFF se tient du 3 au 15 avril au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles

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BIFFF 2018 : Carnet de bord (jours 8 et 9)

Parallèlement à la présence événementielle de Guillermo Del Toro, et d’une longue masterclass au cours de laquelle le cinéaste mexicain aura fait preuve de beaucoup de générosité, le BIFFF continuait à présenter des films intéressants : la (plutôt) bonne surprise italienne The Place, et le premier film en anglais d’Isaac Ezban, grand habitué du festival.

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Belzebuth d’Emilio Portes

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Encore un film mexicain de possession satanique, après le pénible El Habitante. Si le film d’Emilio Portes n’échappe pas au sempiternel discours fumeux empli de religiosité exacerbée, et s’il s’avère au final tout aussi banal et routinier que n’importe quel avatar du genre, il est tout de même ponctué de deux moments assez intéressants et inattendus pour éveiller l’attention : tout d’abord, une scène d’attentat dans un cinéma, dont l’idée même pourrait être la base d’une réflexion méta vertigineuse, mais ne relève finalement que du domaine de l’anecdote ; puis, une vraie scène d’anthologie, la possession par le démon d’un Christ d’église sur sa croix, véritable moment de subversion jouissive, mais qui ne trouve malheureusement pas d’écho dans le reste du film.

Note : 4/10

 

The Place de Paolo Genovese

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Si l’on craint d’abord un film à sketch ou du théâtre filmé, ce film italien a priori classique et patrimonial – il ne s’agit pas vraiment d’un film d’auteur – séduit sur la longueur par la manière dont il développe son concept simple mais complexifié par l’écriture et le montage. La proposition qu’il fait d’un film de dialogues couplé d’un film choral, dans lequel les face-à-face successifs et alternés qui se jouent entre le personnage principal – sorte de figure floue d’ange planificateur ou double fictionnel du créateur démiurge – et ses jouets, des quidams venant lui demander un service en échange d’un autre, se révèle finalement intrinsèquement cinématographique. C’est par le montage alterné et la stratégie de dévoilement progressive, qui serait pratiquement impossible, ou tarabiscotée, au théâtre, que le film parvient à créer une montée en puissance, tout en restant toujours enfermé entre quatre murs dans un bistro, fixé sur une table où l’on discute autour d’un café.

Note : 6,5/10

 

Parallel d’Isaac Ezban

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Avec ce premier film en anglais et hors de son Mexique natal, Isaac Ezban (The Incident, Los Parecidos) filme un scénario qu’il n’a pas écrit mais qui s’inscrit assez bien dans l’univers de SF, fait de boucles temporelles et de mondes parallèles, qu’il a mis en place avec ses deux premiers longs métrages. Si Parallel se révèle plus être un film de scénario très cadré, au système plus ou moins efficace, et en cela moins caractéristique du style en construction d’Ezban – dont Los Parecidos représente jusqu’à présent le meilleur exemple, mélange de maîtrise formelle et de moments de folie, le tout assorti d’une réflexion sur l’imaginaire –, il lui permet néanmoins d’asseoir sa place particulière d’auteur de SF et de se diriger vers un cinéma plus mondialisé. Reste à savoir s’il parviendra à l’avenir à garder sa singularité, au fil de projets de plus en plus ambitieux.

Note : 6,5/10

 

Five Fingers for Marseilles de Michael Matthews

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Prometteur sur le papier, cet hommage lourdingue au western – et plus particulièrement au western spaghetti, le style en moins – transposé dans une Afrique du Sud d’anticipation, n’est qu’une succession d’images soignées et de clichés patentés, dont on devine que le réalisateur a des velléités de faiseur lambda. C’est donc fort de sa carte de visite toute clinquante qu’il attend patiemment mais sûrement son passeport hollywoodien pour aller faire de la soupe dans d’autres contrées.

Note : 3,5/10

 

Tragedy Girls de Tyler MacIntyre

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Là encore, de belles promesses précédaient ce film, relecture autoproclamée du genre « slasher » avec une petite touche féministe, dans l’ère du temps. On sent en effet la volonté, sinon parodique, du moins satirique de l’ensemble, et la filiation méta avec la saga des Scream. Mais passé la surprise de début et quelques bonnes idées, notamment la conclusion et le traitement de l’amitié entre les deux protagonistes, psychopathes à la vie à la mort, Tragedy Girls ne va pas plus loin qu’une petite blague sympathique mais sans ampleur ni grandes conséquences.

Note : 5/10

 

Le BIFFF se tient du 3 au 15 avril au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles

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BIFFF 2018 : Carnet de bord (jour 7)

Une fois n’est pas coutume, beaucoup de films très mineurs au BIFFF en cette septième journée, et beaucoup de clichés : morts-vivants revanchards, héroïne « badass », possessions et rituels sataniques.

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RV : Resurrected Victims de Kyung-Taek Kwak

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RV est la confirmation, s’il en fallait encore une, que les films coréens présentés cette année au BIFFF – après A Special Lady et House of the Disappeared, et en exceptant Kim Ki-duk, définitivement à part – sont largement en-dessous de la réputation que ce cinéma national à acquis dans le domaine du genre. Commercial, croulant sous les effets tape-à-l’œil, le film de Kyung-taek Kwak tente de maintenir l’intérêt en complexifiant à outrance son intrigue – un vaseux retour des morts pour se venger de leurs assassins – à coups de flashbacks différés et de manipulations narratives, tout ça pour finir en grande messe moralisatrice sur la culpabilité et le pardon.

Note : 3/10

 

Verónica de Paco Plaza

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L’efficacité de la mise en scène de Paco Plaza ne parvient pas à faire de Veronica autre chose qu’une Série B espagnole bourrée de stéréotypes. Religion (via, évidemment, une nonne lugubre complètement grotesque), mysticisme superficiel, parallélisme avec la sexualité de l’héroïne et le deuil… Tous les clichés sont bien au rendez-vous ! C’est dommage car quelques belles idées, malheureusement inexploitées et sacrifiées sur l’hôtel du petit programme à remplir, effleurent par endroits, comme les références à l’éclipse, la « peluche protectrice » ou la présence d’Ana Torrent. (GR)

Note : 4/10

 

Hunting Emma de Byron Davis

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Présenté comme un « survival » féministe, sous prétexte qu’il met en scène une héroïne un peu « badass », comme on dit, et aux prises avec cinq tonneaux de testostérone assoiffés de sang et/ou de sexe, Hunting Emma n’est qu’un film d’action raté, qui met une bonne heure à démarrer vraiment et ne peut même pas se réfugier dans une dimension ludique de plaisir coupable, tant son installation et la mise en place de la revanche de la fameuse Emma sont laborieuses. Outre une scène de dialogue interminable, à mi-film, censée expliquer la capacité d’Emma à résister à ses agresseurs, deux autres « grands moments » viennent enterrer complètement la thèse féministe – et surtout opportuniste – qui était mise en exergue : quand elle a enfin l’occasion de se présenter à l’un de ses agresseurs après lui avoir rendu la monnaie de sa pièce, notre héroïne choisira de se présenter non pas par son nom et son identité propre, mais comme la fille d’un militaire haut-gradé ; en guise de scène finale, Emma pardonne un écart de conduite à son petit copain, cautionnant le fait que le monde est dur et cruel, et qu’il vaudra toujours mieux casser des gueules à tout va que de se laisser faire comme des lopettes. Non seulement le film n’est pas féministe, mais en plus il est fasciste.

Note : 2/10

 

Charismata d’Andy Collier et Toor Mian

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Visiblement éméchés lors de le présentation du film, les réalisateurs et autres membres de l’équipe ont plongé dans la salle une ambiance favorable à la bonne réception de celui-ci. Ambiance qui n’a pu que retomber après coup, face à ce film assez plat se cherchant entre enquête à base de serial-killer, comédie cynique et salmigondis satanico-vaudou. La principale qualité du film est son actrice principale, Sarah Beck Mather, véritable révélation, hélas entourée d’affreux cabotins tentant de tirer la couverture à eux.

Note : 4/10

 

Le BIFFF se tient du 3 au 15 avril au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles

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BIFFF 2018 : Carnet de bord (jour 6)

En sa sixième journée d’activité, le BIFFF 2018 continue de proposer des œuvres à cheval entre genre et film d’auteur, et poursuit donc sa lancée réjouissante. Au programme, entre quelques produits de consommation courante : le nouveau Kim Ki-duk et un curieux film de vengeance emmené par un squatteur contorsionniste.

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El Habitante de Guillermo Amoedo

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Énième histoire de possession assortie d’un « home invasion », ce film mexicain sacrifie à pratiquement tous les clichés du genre. Baigné d’une tendance naturelle à la religiosité exacerbé, El Habitante se termine dans une grande séance étirée de prêchi-prêcha, avant un twist final calamiteux et téléphoné, enfonçant définitivement le clou de la lourdeur.

Note : 3/10

 

Freehold de Dominic Bridges

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Intrigante dans son installation, puis de plus en plus limpide, cette histoire de squatteur contorsionniste ayant décidé coûte que coûte de pourrir la vie d’un agent immobilier en lui salopant son appartement et sa vie tombe souvent dans le mauvais goût et se montre assez vite répétitif. Mais il se dégage tout de même du concept et du corps hors normes de l’acteur espagnol Javier Bottet (Mama, Ça) une étrangeté certaine qui englobe le film et le rend assez intéressant.

Note : 6,5/10

 

Human, Space, Time and Human de Kim Ki-duk

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Partageant sa filmographie à la fois entre films contemplatifs et incursions dans le genre, et entre apaisement relatif et déchaînements incontrôlés de misanthropie notoire, Kim Ki-duk est indubitablement difficile à suivre, mais tout aussi indubitablement un auteur assez majeur. Human, Space, Time and Human fait donc partie de ces films de la seconde catégorie (genre + misanthropie) et fait preuve d’un profond pessimisme, qui pourra en rebuter certains. Mais même si l’on n’est pas obligé d’adhérer à la vision de Kim Ki-duk de l’humanité et des comportements humains, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’une vision d’auteur totalement jusqu’au-boutiste, que l’on aurait tort de rejeter en bloc et qui, relevant pleinement du domaine de l’allégorie, se départit peut-être même de la dérive misanthrope et voyeuriste qu’on lui accole un peu trop vite.

Note : 8/10

 

Mercy Christmas de Ryan Nelson

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Niveau amateur pour ce jeu de massacre de Noël, pénible nanar aux effets douteux et à l’interprétation catastrophique qui essaie de se faire passer pour une comédie noire volontairement décalée par l’entremise de l’utilisation calamiteuse d’une musique ringarde, mais peine à cacher le ratage complet qu’il constitue.

Note : 1,5/10

 

Crooked House de Gilles Paquet-Brenner

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Adaptation très fidèle dans son intrigue d’un des meilleurs romans d’Agatha Christie, mais ne réussissant que très rarement à restituer tout l’humour et l’ironie qui se cache derrière le style et les dialogues de l’auteur, Crooked House bénéficie d’un casting impressionnant de « has-been » vraisemblablement contents de cachetonner. Ce n’est pas déplaisant, loin de là, mais l’ennui finit par remplacer irréversiblement la relative bienveillance avec laquelle on regarde ce type d’objet propret.

Note : 4/10

 

The House of Disappeared de Dae-woong Lim

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Remake sud-coréen du vénézuélien La Casa del fin de los tiempos – vu au BIFFF lors de l’édition 2015 – The House of the Disappeared accompli l’exploit de transformer un film dans nos souvenirs plutôt efficace et intriguant en purge ennuyeuse et grandiloquente, noyée dans une musique envahissante et dans les effets éculés. Il est donc vivement conseillé de plutôt se tourner vers le film original, dont voici la critique : BIFFF 2015 – « La Casa del fin de los tiempos » d’Alejandro Hidalgo

Note : 2/10

 

Le BIFFF se tient du 3 au 15 avril au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles

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