Critique et analyse cinématographique

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Sorties Cinéma – 22/11/2017

Tandis qu’Yvan Attal livre son énième film médiocre et que la belge Amélie Van Elmbt s’enlise dans le sentimentalisme, le hongrois Kornél Mundruczó tente une nouvelle fois le mélange des genres et l’algérien Karim Moussaoui de saisir un instantané de l’âme collective de son pays.

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En attendant les hirondelles de Karim Moussaoui

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En divisant son film en trois parties, évoquant chacune la responsabilité et la culpabilité de ses personnages issus de classes sociales différentes mais rattachés par un inconscient lié à l’histoire de l’Algérie, Karim Moussaoui dépasse le film-choral et atteint à un certain instantané d’une âme collective.

Lire l’interview de Karim Moussaoui sur Le Rayon Vert

Note : 7/10

 

La Lune de Jupiter de Kornél Mundruczó

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Depuis son précédent film, White God, le hongrois Kornél Mundruczó propose un cinéma d’auteur qui n’a pas peur de s’essayer au genre, de mêler les univers et les types de cinéma afin d’aborder de réels sujets sociaux et politiques. Avec La Lune de Jupiter, il tente de mêler le sujet des migrants à une trame de film de science-fiction, voire de film d’action. Cela rend bien entendu le film déstabilisant et assez difficile à appréhender (…) mais qui n’en reste pas moins un objet de cinéma assez stimulant, car intrinsèquement hybride et vivant.

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Note : 5,5/10

 

Diane à les épaules de Fabien Gorgeart

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Mix entre comédie de maternité et comédie romantique, le premier film de Fabien Gorgeat capitalise un maximum sur son duo d’acteurs « vedettes », Clotilde Hesme et Fabrizio Rongione. Ils sont tous les deux bons – comme souvent – mais se démènent avec un matériel qui s’empêtre dans des clichés de la comédie bourgeoise et de « genres »  (il s’agit de l’histoire d’une mère porteuse partagée entre son couple d’amis gays et son nouveau compagnon), tout en se revendiquant originale. Les petits décalages – uniquement scénaristiques, et encore – de ce film esthétiquement et idéologiquement conforme à la norme ne suffisent jamais à le sortir d’une banalité et d’un ennui tenaces.

Note : 3/10

 

Drôle de père d’Amélie Van Elmbt

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Le deuxième film d’Amélie Van Elmbt se réclame toujours de Jacques Doillon dont elle fut l’assistante, mais le fond est définitivement passé du côté du téléfilm sentimentaliste. Nous avons donc droit à une comédie dramatique de paternité, dans laquelle un père absent tente de renouer avec sa petite fille, laquelle ne sait bien sûr pas qui il est et commence imperceptiblement à s’attacher à lui. Des grosses ficelles et des bons sentiments sont donc les armes de cette bluette insipide, produite par les frères Dardenne et Martin Scorsese (!!!???).

Note : 3/10

 

Le Brio d’Yvan Attal

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Accumulant un maximum de clichés sur ce qu’il est censé dénoncer – les « bons gars » des cités ne savent pas parler français ; les hautes écoles élitaires sont des repaires de fascistes ; les profs racistes sont tout de même des gens épatants dont il faut briser la carapace ; etc. –, Le Brio finit par jouer contre le discours qu’il prétend défendre. Un comble pour un film traitant justement de l’éloquence et des techniques d’argumentations !

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Note : 2/10

 

 

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Sorties Cinéma – 15/11/2017

Sara Forestier surprend en livrant un film généreux, Guillaume Gallienne réussit sa fin à défaut de son film, Zack Snyder persévère dans le kitsch geek, et Tomas Alfredson se casse les dents sur un bonhomme de neige.

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M de Sara Forestier

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Alors que, dans la première partie, le centre de l’attention est le personnage de Lila, incarné par Sara Forestier – celui de Mo, incarné par Redouanne Harjane, étant alors un adjuvant, une sorte de pygmalion bienveillant – la situation s’inverse dans la deuxième partie, et Mo devient imperceptiblement le sujet du film. Si la première est bègue et butte sur les mots de manière directe, le second est analphabète et n’a même pas accès aux bases pour les aborder. Si le parallèle entre ces deux empêchements, et leur mise en rapport à travers une histoire d’amour, conduit parfois – et particulièrement vers la fin du film – à des excès de signifiance et à une lourdeur empreinte de naïveté, il n’en établit pas moins le projet que dessine le film : saisir la complexité de l’accès aux mots et à la parole.

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Note : 6/10

 

Maryline de Guillaume Gallienne

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Le deuxième long métrage de Guillaume Gallienne est majoritairement très pénible à regarder, de par sa vision réductrice et misanthrope du métier d’acteur et sa conception de la condition sociale d’un individu comme avantage ou handicap. D’autant plus que la construction du film en divers blocs narratifs séparés par des ellipses lui donne une allure de film à sketchs décousu, qui peine à trouver une cohérence et un propos. Puis, une sorte de miracle inattendu se produit, et le dernier quart d’heure du film semble être touché par la grâce. (…) Est-ce qu’un final beau et puissant peut sauver un mauvais film ? Probablement pas….

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Note : 4/10

 

A Beautiful Day de Lynne Ramsay

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Il est parfois difficile de distinguer les films de mise en scène des films formalistes, mais celui-ci semble pleinement avoir sa place dans la seconde catégorie. Empêtrée entre une esthétique crapoteuse de néo-film noir brut et la volonté de faire des « tableaux » parfois pompiers – au point de s’auto-plagier en refaisant une scène aquatique tout droit sortie de son propre court métrage Swimmer – Lynne Ramsay livre un film bien emballé mais globalement assez vide.

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Note : 4/10

 

Justice League de Zack Snyder

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Autant il y avait une certaine folie kitsch, et une trame narrative plus ou moins attirante, dans son Batman vs Superman, autant Zack Snyder est, avec ce Justice League, face à un néant absolu qu’il s’efforce de combler avec son « savoir-faire » pompier et multicolore. Les scènes d’action, tout droit sorties d’un jeu vidéo et complètement dévitalisées, ainsi qu’un méchant grotesque et la désagréable impression de voir un ersatz d’Avengers 2 – le scénario est cosigné par Joss Whedon – sont les gros handicaps d’un film qui n’a pas d’autre ambition que de divertir, mais le fait essentiellement en visant une cible « geek », déjà acquise à la cause.

Note : 3/10

 

Le Bonhomme de neige de Tomas Alfredson

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Fort de son succès maison avec Morse puis de son adaptation soporifique mais apparemment bien cotée de John Le Carré (La Taupe), Tomas Alfredson semblait avoir le monde à ses pieds et carte blanche pour réaliser cette adaptation d’un best-seller de Jo Nesbo, pâpe du polar scandinave. Mais malgré un casting assez attrayant (Michaël Fassbender, Charlotte Gainsbourg, Val Kilmer,…), Le Bonhomme de neige s’avère in fine être un film malade, dont les ambitions esthétiques (esthétisantes ?) transparaissent au gré de certains plans mais dont il ne reste en substance qu’un petit nanar du samedi soir, bancal et prévisible.

Note : 2,5/10

 

Escape Room de Will Wernick

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Torture-porn cheap et même pas gore, pompé sur le modèle de Saw avec dix ans de retard, Escape Room est un DTV poussif et mal joué qui a inexplicablement trouvé son chemin jusqu’au grand écran.

Note : 1,5/10

 

Zagros de Sahim Omar Kalifa

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Dans la droite lignée de ce qu’a pu nous proposer « l’édifiant » Noces de Stefan Streker, il y a quelques mois, Zagros surfe sur cette vague de films « engagés » cherchant à dénoncer des pratiques rétrogrades mais s’appliquant surtout à stigmatiser une communauté et à faire rentrer dans l’inconscient collectif des idées nauséabondes sur les minorités immigrantes. (…) L’aspect pervers de sa démarche est qu’elle revient à assigner à l’exemple fictionnel qu’il donne une valeur d’universalité et de vérité, tant l’esthétique du film et sa mise en scène sont dans l’imitation unilatérale du réel. (…) Ce que le film va imprégner dans l’esprit d’une majorité de spectateurs, à travers l’exemple de cet homme rattrapé par sa culture et de vieilles traditions, c’est que l’intégration est impossible parce que les hommes seront toujours hantés par de vieux réflexes traditionalistes, qu’ils ne pourront pas intégrer complètement une autre culture et un autre système de pensée, qu’ils en reviendront à une violence primale supposément liées à leurs origines. Autrement dit, en voulant dénoncer des injustices, ce type de film fait inconsciemment et malgré lui le lit du racisme ordinaire, et participe à la perpétuation de clichés sur les minorités et sur l’immigration.

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Note : 1/10


Sorties Cinéma – 08/11/2017

Au programme cette semaine : Laurent Cantet tente de retrouver la veine d’Entre les murs, Dayton et Faris le mojo de Little Miss Sunshine, Bustillo et Maury de suivre la trace d’Aja et Thierry Klifa de faire passer un téléfilm pour un film de cinéma.

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L’Atelier de Laurent Cantet

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Il se dégage donc une impression étrange de L’Atelier, qui parvient à effleurer plusieurs genres, plusieurs conceptions du cinéma, sans vraiment complètement s’inscrire dans l’un d’eux ou l’une d’elles. Au final, c’est peut-être l’aspect discursif du film, son rapport particulier à la parole et à la manière de la donner ou de la prendre – thème également très présent dans Entre les murs et, surtout, dans le récent 120 battements par minute de Robin Campillo, collaborateur fidèle de Cantet –, qui se dégage le plus des autres et s’impose après vision comme élément prégnant.

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Lire l’interview de Laurent Cantet pour Le Rayon Vert

Lire l’interview de Laurent Cantet pour Le Suricate Magazine

Note : 7/10

 

Battle of the Sexes de Valerie Faris et Jonathan Dayton

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Se retranchant derrière leur sujet – et aussi derrière la structure du film de sport, très carrée et impliquant une certaine « efficacité » intrinsèque –, les réalisateurs pensent s’épargner les critiques sur l’indigence de leur scénario et de leur mise en scène. Car Battle of the Sexes, en dehors de son socle de réalité – et des prestation « drôlatiques » mais non moins « oscarisables » de Steve Carell et d’Emma Stone, tous les deux cabotins à souhait –, ne peut lutter à mains nues contre l’élan « feel good » bas de plafond qu’il dégage et son esthétique de reconstitution rétro balisée, sans la moindre aspérité.

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Note : 4/10

 

Leatherface d’Alexandre Bustillo et Julien Maury

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Formalistes crapoteux issus de l’école française des réalisateurs geeks et fiers de l’être, Alexandre Bustillo et Julien Maury montent à Hollywood et entendent bien marcher dans les pas d’un Alexandre Aja, en réalisant « leur » Colline à des yeux, à savoir une préquelle improbable du Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper. Même si l’on se dit qu’il vaut parfois mieux s’enquiller un nanar « bien fait » et plus ou moins conscient de son statut, cet espèce de second degré sur l’esthétisation et l’exagération de la violence atteint souvent ses limites dans ce Leatherface, surtout en regard du film original de Hooper, lequel n’était absolument pas dans le même registre et ne méritait pas vraiment ce type de relecture poussive et cynique.

Note : 3,5/10

 

Tout nous sépare de Thierry Klifa

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Le nouveau Thierry Klifa porte bien son nom : tout nous sépare en effet de ce film bourré d’archétypes et hyper prévisible où aucune singularité, aucun point de réel, ne parvient à se frayer un passage. Tout nous sépare ressemble à une publicité pour parfum où les égéries se donnent un semblant d’authenticité qui s’effondre très vite tant la pilule est impossible à avaler. Diane Kruger incarne le cliché freudien de la petite bourgeoise excitée par la violence ; Catherine Deneuve s’improvise mère au grand cœur prenant Nefkeu sous son aile (on n’y croit pas une seconde tellement le travail d’écriture est faible) ; Nicholas Duvauchelle campe pour une énième fois « la petite racaille de banlieue » … On se demande bien ce qui peut motiver ce type de cinéma, les raisons de son existence, ce qu’il cherche à nous raconter en voulant aller en talon haut et en dentelles sur des terrains où il n’a rien à faire.

Note : 2/10


Sorties Cinéma – 13/09/2017

Cette semaine marque le retour de Tom Cruise à du divertissement de qualité, celui de Michel Hazanavicius à la comédie de pastiche, et celui de Darren Aronofsky au grand n’importe quoi.

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American Made de Doug Liman

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Le personnage de Barry Seal est une sorte de pantin désarticulé, brinquebalé entre les intérêts de deux camps opposés, mais aussi aveuglé par le goût de l’adrénaline et l’appât du gain. Comme Maverick dans Top Gun, il est gouverné par cette idée – plus inconsciente, dans le cas présent – de vouloir toujours se dépasser, suivant le culte du « toujours plus haut, toujours plus fort » qui est à la fois le moteur et la malédiction de nombre de personnages de la fiction américaine. Mais (…) là où, dans Top Gun, Maverick échouait puis se relevait, pour revenir encore plus fort et déterminé, Barry Seal est un personnage qui se croit invincible mais finit par être rattrapé par des forces et des enjeux qui le dépassent. Ayant volé trop près du soleil, il est ainsi condamné à se brûler les ailes et à tomber.

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Note : 6,5/10

 

Le Redoutable de Michel Hazanavicius

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L’hommage pourrait apparaître comme un brin naïf, et il l’est forcément un petit peu, mais il participe de cette dialectique qu’installe le film entre une réelle admiration pour son sujet et une certaine irrévérence – quoique tout de même contrôlée – vis-à-vis du « monument » Godard. Car s’il ne fait aucun doute qu’Hazanavicius aime Godard cinéaste – ne serait-ce que par cette façon presque fétichiste de recréer des images –, il n’hésite également pas à le bousculer de toutes les manières possibles et imaginables : renversé et piétiné dans les manifestations de mai 68, hué et chahuté lors de meetings des étudiants communistes, ou encore à travers sa paire de lunettes, cassée à de nombreuses reprises. De là à ce que l’on puisse dire que le film utilise cette image des lunettes brisées pour remettre en question l’œil du cinéaste et le regard qu’il porte sur son art, il n’y a qu’un pas qui peut aisément être franchi.

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Note : 6,5/10

 

Mother! de Darren Aronofsky

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Le goût douteux de Darren Aronofsky pour la monstration de la souffrance et toute la martyrologie crapoteuse qui va avec ont une nouvelle occasion de s’exprimer à travers ce Mother!, sorte d’apogée de « l’art » du cinéaste. À part dans le paroxystique Requiem for a Dream, Aronofsky avait rarement atteint un tel degré de complaisance dans le petit théâtre misanthrope où il fait évoluer ses personnages. Associée à la lourdeur symboliste dont il est coutumier – érigée en dogme par l’épouvantable The Fountain –, cette tendance crypto-mystico-moraliste de l’auteur lui fait pondre avec Mother! un de ces films les plus pénibles, une expérience aussi éprouvante que creuse, dont la construction en diptyque ne fait qu’accentuer le radotage. Le film n’hésite en effet pas à asséner son discours abscons deux fois de suite, en infligeant à répétition l’envahissement de son espace personnel au personnage de madone « trash » incarné avec une conviction suicidaire par une Jennifer Lawrence tout en crises d’hystérie et en spasmes grimaçants.

Note : 2/10


Sorties Cinéma – 26/04/2017

Cette semaine, un thriller espagnol surprend, les gardiens de la galaxie capitalisent sur leurs acquis, un teen-movie s’embourbe dans les clichés et Pierre Richard gâtifie comme jamais.

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La Colère d’un homme patient de Raúl Arévalo

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L’appréhension que l’on peut éprouver devant un film de cet acabit est souvent lié à la dimension toujours assez droitière de scénarios unilatéraux mettant en scène des « autojusticiers » dont la souffrance initiale semble justifier un déferlement de violence sur les cibles de leur vendetta personnelle. (…) Tarde para la ira parvient à éviter cet écueil, en jouant précisément avec les attentes liées au genre. (…) Le film remplit son contrat et respecte ses enjeux de série B basique, mais de manière détournée.

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Les Gardiens de la galaxie Vol 2 de James Gunn

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Ce deuxième épisode des Gardiens de la galaxie capitalise un maximum sur les recettes du premier (humour omniprésent, bande originale vintage,…) et ajoute une donnée légèrement putassière, le passage du personnage de Groot au « trop mignon » Baby Groot, probablement destiné à gagner des points chez un public enfantin ou féminin. Dans sa dernière partie, le film se fait étonnamment sentimental, voire larmoyant, et finit par faire l’éloge unilatéral de l’esprit de famille et du conformisme, un comble pour une franchise qui réclamait au départ une certaine indépendance vis-à-vis de l’univers Marvel. Le seul film Marvel réellement subversif reste à ce jour Deadpool, et ce Gardiens de la galaxie 2 se classe plutôt parmi les plus lisses et conventionnels.

 

The Edge of Seventeen de Kelly Fremon Craig

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L’impression qui domine à la vision de The Edge of Seventeen est celle d’avoir déjà vu ce teen-movie des dizaines de fois. Rien ne dévie jamais du récit de passage et d’acceptation, et des clichés du genre. Le psychologisme approximatif du mélodrame familial, la pauvreté flagrante de la mise en scène, les personnages stéréotypés (la mère fantasque, le prof cool, le « nerd » amoureux transi,…) et l’interprète principale (Hailee Steinfeld, particulièrement crispante) sont autant d’éléments rébarbatifs qui contribuent à couler ce film sans reliefs ni aspérités.

 

Un profil pour deux de Stéphane Robelin

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Comme on peut s’y attendre, Un profil pour deux est rempli de bons sentiments, de personnages stéréotypés et prend l’allure et l’esthétique d’un téléfilm ciblé pour un public assez âgé. Le film se permet bien l’un ou l’autre dérapage contrôlé concernant notamment son trio amoureux légèrement atypique, mais ne manque pas de retomber sur ses pattes lors d’un final pétri de politiquement correct, où tout le monde retrouve bien sa place – les jeunes entre eux, les vieux entre eux, etc.

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Le Procès du siècle de Mick Jackson

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Un film didactique, plat et assez ambigu sur le procès qui opposa l’historienne Deborah Lipstadt au négationniste David Irving, au début des années 2000. Lipstadt étant contrainte de démontrer l’existence de l’Holocauste après avoir été traînée en justice par Irving – qu’elle a préalablement traité de menteur –, le film se concentre sur le travail de ses avocats et donne à l’historienne un rôle assez ingrat, celui d’une femme bornée qui semble ne pas comprendre la différence entre émotion et factualité. Cette stéréotypisation outrancière du personnage et l’espèce de neutralité froide avec laquelle est abordé celui de son adversaire contribuent à rendre très antipathique ce téléfilm même pas amélioré.


Sorties Cinéma – 22/02/2017

Les retours de Shyamalan, de John Wick et de Canet réalisateur ne sont pas à mettre sur le même plan, mais sont ce qu’il y a à retenir de cette semaine de sorties.

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Split de M. Night Shyamalan

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M. Night Shyamalan retrouve son cinéma – dans tous les sens du terme – dans ce presque huis-clos psychologique où le fantastique n’est jamais certain et où le passage d’un genre à un autre s’appuie sur un système de croyance qui est depuis le début la pierre angulaire de l’œuvre du cinéaste. Si l’arc du film ne repose pas – comme certains des films les plus emblématiques de Shyamalan – sur un twist final, mais plutôt sur une montée en puissance irréversible, la toute dernière scène, très courte et presque anecdotique, donne à Split une place très précise dans la filmographie du réalisateur et le fait reconsidérer sous un autre angle.

 

John Wick 2 de Chad Stahelski

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Lors de la première heure, le film semble rejouer – de manière plus lourdingue – la partition du premier, même si les scènes de cascades chorégraphiées restent assez fascinantes à regarder. Mais c’est lors de sa deuxième partie qu’il se montre plus ludique, en apportant des variations salutaires. Alors que le personnage de John Wick n’était alors présenté que comme un pur corps d’action, une masse physique increvable et une menace pour quiconque rencontrait son chemin, il se retrouve enfin en position de vulnérabilité, devenant lui-même la cible d’une vendetta généralisée. De vecteur principal de l’action, il devient celui qui la subit et passe le reste du film en situation de survivance, situation que la conclusion semble vouloir encore accentuer en vue d’un troisième volet qui s’annonce encore plus fébrile et dangereux.

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Rock’n Roll de Guillaume Canet

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Après une première partie atteignant des sommets de « beaufitude » franchouillarde et égocentrée, Guillaume Canet trouve enfin quelque chose à dire et à filmer en transformant son égo-trip en film mutant sur la mutation de son personnage, et en tenant la note du sujet qu’il s’est enfin choisi, non sans avoir d’abord enfilé les scènes-sketchs vulgaires et pas drôles.

 

Sieranevada de Cristi Puiu

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Si le malaise de plus en plus grand que l’on ressent devant cette mouvance de films d’auteurs tous coulés dans le même moule – qui se complait à observer ses personnages paumés se faire du tort dans un style entomologique et distancié – est bien présent durant la longue vision de Sieranevada, il resurgit également à la lecture des notes d’intention du réalisateur, tant ce qui y est exprimé semble éloigné que ce qui transparaît dans le film. (…) On y comprend notamment que Cristi Puiu se rêve dans la continuité de Luis Buñuel et plus particulièrement de son Ange exterminateur, alors que son film renvoie plutôt aux règlements de compte familiaux façon Thomas Vinterberg (Festen).

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Timgad de Fabrice Benchaouche

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Feel-good movie indigent sur une équipe de foot junior en Algérie, gouverné jusqu’à l’écœurement par les bons sentiments et réalisé comme un téléfilm de seconde zone.


Sorties Cinéma – 08/02/2017

Au programme : Michael Keaton en mode « oscars » – en vain, pour le coup -, l’acoquinage interminable d’Andrea Arnold aux États-Unis, et l’adaptation lourdingue d’une BD adolescente.

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The Founder de John Lee Hancock

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À travers le récit peu reluisant du parcours de Ray Kroc et de sa bataille juridique contre les frères McDonald, c’est un portrait au vitriol du capitalisme à l’américaine que cet anti-biopic faussement neutre s’applique à édifier. Sous le vernis lisse d’une mise en scène et d’une esthétique « mainstream », le film esquisse une critique assez féroce du rêve américain, tandis que Michael Keaton livre une de ses prestations « hors-normes », les meilleures de cet acteur souvent à la lisière de la folie.

 

American Honey d’Andrea Arnold

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La britannique Andrea Arnold fait son film américain avec cette plongée dans la jeunesse « white trash » sous forme de road-movie déambulatoire. Si l’on se demandait encore pourquoi une grande partie de l’Amérique profonde à voté pour Donald Trump, on peut trouver quelques éléments de réponses ici, dans le regard méprisant et dégouté que porte sur elle l’intelligentsia européenne.

 

Seuls de David Moreau

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Ce qui surprenait dans la lecture de Seuls, c’était avant tout une vraie rupture entre l’esthétique très enfantine du dessin en ligne claire et le côté sombre de la trame narrative et des rebondissements de l’intrigue. Cet effet de surprise, et la dichotomie entre fond et forme, semble totalement avoir échappé au réalisateur David Moreau, trop à son affaire de pouvoir faire un semblant de film d’horreur adolescent et de composer des images dans les tons obscurs, automatiquement accolées au genre.

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