Critique et analyse cinématographique

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« Les 7 mercenaires » d’Antoine Fuqua : Western sans Histoire

Si l’on peut toujours se poser la question de l’utilité d’un remake, celui des Sept mercenaires – film de John Sturges datant de 1960, lui-même inspiré des Sept samouraïs d’Akira Kurosawa – ne sort pas de nulle part. On pouvait en effet s’attendre à ce que la voie ouverte par Tarantino avec Django Unchained et plus récemment avec Les Huit Salopards soit assez vite empruntée par le cinéma commercial.

Denzel Washington stars in MGM and Columbia Pictures' THE MAGNIFICENT SEVEN.

C’est Antoine Fuqua – réalisateur entre autres de Training Day, Le Roi Arthur ou encore The Equalizer – qui se voit confier les rênes de ce qui est clairement envisagé comme un spectacle, un blockbuster dans lequel le côté film de groupe et les morceaux de bravoure l’emportent sur la partie western et tout ce qu’elle peut convoquer comme mythologie.

La prémisse est plus ou moins la même que pour les films de Sturges et de Kurosawa : la petite ville de Rose Creek, à la merci d’un industriel sans scrupules et de sa clique de criminels, décide d’engager une bande de chasseurs de primes, tueurs à gages et hors-la-loi en tous genres pour les délivrer de cette emprise. Chacun motivé par des raisons différentes, les sept mercenaires se préparent ensemble à la confrontation finale.

Si la version de 1960 était un western classique qui ne débordait pas trop du cadre hollywoodien de son époque, cette nouvelle version s’inscrit également dans l’ère du temps et dans les codes du blockbuster actuel. C’est ainsi que l’on a plus souvent l’impression de se trouver devant une sorte de « buddy-movie » géant – pas à deux, mais à sept – dans lequel chacun a droit à son bon mot et son petit quart d’heure de gloire, que devant un western en bonne et due forme.

L’habillage westernien du film tient d’ailleurs plus de la parodie ou du pastiche que d’un véritable hommage au genre, et tend probablement plus à résonner avec les récents films de Tarantino qu’avec les films de l’âge d’or dans l’esprit d’un public cible très large et très peu cinéphile.

Mais puisque les emprunts esthétiques à Tarantino sont à peine voilés, il faut tout de même pointer la différence majeure qui existe entre ce film-ci et ses modèles apparents : là où Tarantino s’empare du genre pour le faire entrer en dialogue avec l’Histoire des États-Unis et celle du cinéma, Les 7 mercenaires va presque jusqu’à nier le contexte et la culture dans laquelle il baigne.

Alors que Jamie Foxx dans Django Unchained ou Samuel L. Jackson dans Les Huits Salopards sont des cow-boys noirs revendiqués comme tels, le Denzel Washington de ce film-ci se voit presque nier son identité et n’apparaît que comme un héros providentiel qui ne s’inscrira jamais dans une réalité historique concrète. L’hypocrisie est telle que, pour évoquer l’histoire du racisme aux États-Unis, on préférera convoquer un personnage de coréen déporté et méprisé, histoire de bien noyer le poisson.

Le personnage de Denzel Washington n’est donc pas emblématique d’une mémoire collective, d’une souffrance historique. Par contre, il devient petit-à-petit le porte-drapeau d’une morale chrétienne très droitière – une main sur la Bible et l’autre sur le Colt -, une sorte de tueur-prêtre qui ne manque pas de confesser ses ennemis avant de leur donner la mort. L’air de rien, le film a choisi son camp idéologique.

Thibaut Grégoire

 

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Sorties Cinéma – 18/12/2013

La sortie tardive d’un film cannois, la ponctuelle hagiographie de Mandela et deux tentatives de résurrections de vieilleries populaires à la française sont au programme de la semaine.

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Tel père, tel fils de Hirokazu Koreeda

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En mai dernier, Tel père, tel fils remportait le Prix du Jury au dernier Festival de Cannes alors que d’aucuns disaient qu’il était le favori du président Steven Spielberg. Si l’on peut voir le rapport entre le film de Koreeda et le cinéma de Spielberg, il en est pourtant assez éloigné dans la manière dont il élude le point de vue des enfants.

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Note : 5/10

 

Mandela : Long Walk to Freedom de Justin Chadwick

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Le biopic sur Mandela porte bien son titre, puisqu’il s’agit effectivement d’un très long film qui s’étend du début de sa lutte pour l’égalité des droits à son accession au pouvoir. Au-delà de sa longueur excessive et de son didactisme premier degré, le film souffre surtout d’un académisme hollywoodien qui transforme chaque scène en morceau de bravoure édifiant noyé dans la mauvaise musique orchestrale.

Note : 3/10

 

Belle et Sébastien de Nicolas Vanier

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Dans une mouvance grandissante du cinéma populaire français tendant à tout prix à démontrer que « c’était mieux avant », la dernière trouvaille est donc de réadapter sur grand écran une série à succès du temps de la télé en noir et blanc, sans vraiment la remettre au goût du jour et surtout en passant chaque plan à la moulinette de l’esthétique publicitaire qui conviendra parfaitement à un prime-time de TF1 d’ici un an ou deux.

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Note : 3/10

 

Angélique d’Ariel Zeitoun

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Le remake d’un nanar en est il forcément un également ? La réponse est oui quand les impératifs de production exigent des cofinancements hasardeux teintés de Tax Shelter et que la réalisation est confiée à un tâcheron qui confond film de cinéma et saga de l’été. Évidemment, il y a toujours un plaisir malsain à regarder ce genre de navet grandiose, en se demandant pourquoi Gérard Lanvin ou encore Matthieu Kassovitz ont accepté de se ridiculiser à ce point.

Note : 3/10