Critique et analyse cinématographique

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FILM FEST GENT 2017 – « La Caméra de Claire » de Hong Sang-soo

Alors que nous n’avons pas encore rattrapé Yourself and Yours ni Le Jour d’après – deux films sortis en France en 2017, mais pas (encore ?) en Belgique –, c’est avec un plaisir non-dissimulé que nous nous sommes précipités à la présentation à Gand du troisième film réalisé par Hong Sang-soo en moins de deux ans – et sélectionné, tout comme Le Jour d’après, lors du dernier Festival de Cannes. Si un film de « HSS » est toujours une expérience particulière mais à rattacher à l’ensemble et au cours défilant de sa filmographie, sa vision et sa réception ne se fait jamais sans une certaine part de subjectivité dans l’appréhension de l’œuvre du cinéaste et de relation individuelle aux films et ce qu’ils racontent/montrent. Le simple fait de découvrir le film en version originale coréenne sous-titrée en néerlandais, par exemple, ajoute – pour un spectateur francophone – une dimension troublante à la réception du film, dont le rapport à la langue et à la communication est – tout comme dans In Another Country – une des pierres angulaires.

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Ayant placé ses caméras dans Cannes durant le festival – mais ne filmant jamais le déroulement de celui-ci, s’attachant plutôt aux lieux épargnés par la frénésie de l’événement –, Hong-Sang-soo filme, comme à son habitude, une histoire de tergiversations amoureuses et de sentiments contrariés vaguement liée au milieu du cinéma. Si la trame principale implique un réalisateur coréen sélectionné au festival (So Wansoo), sa principale collaboratrice (Yanghye) et l’une de leurs employés (Manhee), elle fait intervenir en son sein, comme une sorte de deus ex-machina ou d’ange gardien étrange, un personnage extérieur de française (Claire), photographe amateur, à la fois étrangère au monde du cinéma et à la langue ou la culture coréenne. Si ce personnage fait le lien entre les autres, de manière à créer un écho entre les scènes et à faire avancer l’intrigue en différé – la communication n’est (presque) jamais directe entre Manhee et les deux autres personnages, elle passe principalement par l’intervention de Claire –, il doit également passer outre la barrière du langage et de la culture, en demandant des explications aux autres de façon parfois laborieuse, comme pour être sûr de bien comprendre tous les aspects de ce qui se joue sous ses yeux.

Ce personnage au départ un peu mystérieux, pouvant être d’abord assimilé à une fonction scénaristique, se révélera au final animé par une passion personnelle, un passé propre, mais est aussi lié à un objet à la fois mystique et révélateur : son appareil photo Polaroïd. Cet appareil, cette « caméra », joue – autant que le personnage auquel il est assigné – un rôle de lien entre les personnages, puisque c’est lui qui fait rebondir les situations. C’est par photo, par image interposée, que les personnages de Manhee, Yanghye et So Wansoo réalisent quelque chose sur la personne photographiée, que les sentiments et les situations changent. Et la photo est aussi un prétexte pour le personnage de Claire (Isabelle Huppert), ainsi que pour Hong Sang-soo, d’exprimer un ressenti très personnel sur le vécu et les souvenirs.

Claire, dans un dialogue vers la fin du film, explique pourquoi elle prend les choses et les personnes qu’elle croise en photo : parce qu’elle aime s’attarder par après sur ses images, afin de s’imprégner du souvenir de l’instant vécu, ce qui lui permettrait de mieux saisir l’essence même de cet instant. Ainsi, le souvenir de l’instant deviendrait plus prégnant que l’instant même. Cette idée va à l’encontre de tout un courant de pensée très à la mode et qui se résumerait au fameux « Live the moment » (vivre l’instant présent). On peut y voir une prise de parole voilée de Hong Sang-soo sur la pratique du cinéma, lequel serait alors un prisme à travers lequel peuvent être captés les moments, les souvenirs, quelque chose de la réalité qui nous échappe sur le moment mais peut se révéler à nous une fois transformé par l’image.

Ces grilles de lectures ne sont que quelques pistes pour appréhender un film qui se donne comme « léger », qui peut sembler mineur de prime abord mais est probablement beaucoup plus grand qu’il n’y paraît. Il y a sûrement encore beaucoup à en dire, notamment concernant la façon dont il soulève et renouvelle la figure de l’artiste – les dialogues laissent penser que tous les personnages ont potentiellement une âme d’artiste, que tout acte de création, même intime, même caché ou fantasmé, est un geste d’artiste – ou encore concernant la présence étrange, aléatoire et fantastique d’un grand chien qui semble rôder autour des personnages tel une sorte de fantôme. Le cinéma de Hong Sang-soo est d’autant plus riche qu’il arbore une simplicité pudique, qui dissimule toutes les subtilités et les particularités des sentiments et de l’humain.

Thibaut Grégoire

 

Le Festival de Gand se déroule du 10 au 20 octobre 2017

Plus d’infos sur le site du festival

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BIFFF 2017 – Jours 11, 12 et 13

La fin du BIFFF fut calme – de notre côté – et pauvre en découvertes. Il faut dire que deux semaines de visionnages intensifs, de Troll et d’ambiance électrisante nous auront bien fatigué.

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Vendredi 14 avril

 

Will You Be There ? de Hong Ji-young

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En sachant que ce film coréen est adapté d’un roman de Guillaume Musso, on sait plus ou moins ce qu’on va y trouver, à savoir une romance, des bons sentiments et un peu de surnaturel – en l’occurrence un paradoxe temporel assez classique. Étant donné qu’il est difficile de rater totalement un film sur le voyage dans le temps – l’aspect ludique reprenant toujours le dessus sur la dimension de déjà-vu – Will You Be There ? est largement regardable, malgré les lourdeurs scénaristiques et de mise en scène, notamment un usage pénible des ralentis musicaux.

 

Samedi 15 avril

 

Prooi de Dick Maas

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Si un quelconque esprit malade sera tenté de voir dans cette série B hollandaise une parabole de la société se retournant contre ses citoyens – après tout, il s’agit bien d’un lion, emblème nationale, terrorisant les habitants d’Amsterdam –, la seule chose à y voir de fait est son effet spécial principal, ce lion en animatronique, particulièrement gratiné et ringard, qui prend un malin plaisir à décimer du mauvais acteur néerlandais. Parfois, il faut se contenter de peu….

 

Don’t Kill It de Mike Mendez

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Dans cette série B assumée et destinée au marché DVD et VOD, l’immarcescible Dolph Lundgren livre un combat sans merci à une entité antédiluvienne qui prend possession des corps pour répandre la mort. C’est assez laid visuellement, pas vraiment « fun », mais ça rempli le contrat de base, à savoir pas grand-chose.

 

Dimanche 16 avril

 

Storm : Letters van vuur de Dennis Bots

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La séance communautaire du BIFFF, réservée exclusivement aux jeunes enfants néerlandophones, puisqu’elle présentait un film familial en néerlandais sans sous-titres. On se demande donc bien pourquoi ce film-ci n’a pas été sous-titré, étant donné que tous les autres du festival l’ont été. Au-delà de ça, Storm est une aventure historico-enfantine à forte portée didactique sur le moyen-âge anversois et les écrits de Martin Luther. Ça ressemble comme deux gouttes d’eau aux petits films de l’Historium de Bruges (pour ceux qui l’ont visité – minute « private joke »).

 

Le BIFFF se tient du 4 au 16 avril au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles

Plus d’infos sur le site du BIFFF


BIFFF 2017 – Jours 7 et 8

Des espagnols dans l’espace (ou pas), un coréen dans un tunnel, des soldats dans les bois et du Cronenberg light ont animé les séances de ce début de deuxième semaine au BIFFF.

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Lundi 10 avril

 

Orbiter 9 de Hatem Khraiche

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Dans l’impressionnante délégation de films espagnols de consommation courante qui sont présentés cette année au BIFFF, Orbiter 9 est le représentant science-fictionnel. Le film commence comme un Gravity ou un Passengers à petit budget et petite surface, avant de basculer suite à un twist censément bouleversant dans un film d’anticipation plus terre-à-terre. Et c’est le principal défaut du film : au lieu de l’ouvrir, de lui offrir des horizons plus larges, ce retournement de situation mal négocié l’enferme dans des thèmes et des enjeux déjà vus et à la portée finalement très faible. Il ne reste au final qu’une romance maladroite dans un cadre vaguement futuriste, servie par des acteurs transparents, des dialogues atterrants et une absence flagrante de mise en scène.

Voir les 2 avis

 

Tunnel de Kim Seong-hun

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Difficile de reconnaître la patte du réalisateur de Hard Day dans ce film catastrophe assez « mainstream », malgré les tentatives d’humour noir, de critique sociale et une dimension chorale plutôt bien rendue. Le personnage principal, bloqué sous un tunnel écroulé et attendant plus d’un mois qu’on vienne le secourir, est décrit de manière assez complexe pour que l’on s’intéresse à lui et à son sort jusqu’à la fin, mais le film est aussi plombé par une tendance tenace au poujadisme, entamant avec un peu trop de facilité le vieux refrain du « tous pourris » ou encore assimilant la presse à un tas de crétins. S’il s’agissait d’une satire assumée, cela passerait sans problème, mais l’aspect critique du film n’est pas assez développé pour que l’on puisse lui donner du crédit au-delà d’une certaine forme de café du commerce.

 

Mardi 11 avril

 

Kill Command de Steven Gomez

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Mix maladroit entre un « survival » dans les bois et un jeu vidéo de tir, Kill Command fait s’affronter une équipe de militaires et des robots tireurs ultra-perfectionnés, conçus pour les remplacer. Le design des robots et les effets spéciaux, en règle générale, sont plutôt réussis. C’est correctement joué et d’un rendu globalement professionnel… mais c’est répétitif en diable et d’un ennui profond.

 

Replace de Norbert Keil

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Curieux film que ce Replace, qui semble partagé entre deux volontés : celle de s’ancrer dans un cinéma « arty » à prétention esthétisante mais qui semble plus se baser sur des canons publicitaires ou clipesques que cinématographique, et celle de proposer un film de genre référencé avec une part de grand-guignolesque assumée. Dans les faits, le film est d’ailleurs clairement coupé en deux, le côté « arty » insupportable investissant nettement plus la première partie que la seconde, laquelle laisse plus de place au raté, à l’imperfection. Ce film sur la chair en putréfaction et le vieillissement accéléré voudrait bien faire penser à Cronenberg, mais n’y parvient que par ses thèmes, jamais par sa mise en scène ou sa photographie qui pousse à l’extrême la saturation des sources de lumières et les effets de voiles. Dans ce cas, trop de stylisation tue le style.

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Le BIFFF se tient du 4 au 16 avril au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles

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BIFFF – Jours 3 et 4

Jeudi et Vendredi ont marqués l’entrée dans le vif du sujet de ce 35ème BIFFF et, outre la déception provoquée par le très attendu nouveau film de Fabrice du Welz, les bonnes surprises de ce début de festival sont venues d’un mélo fantastique coréen, d’un « time flick » hongrois et d’un « revenge movie » espagnol.

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Jeudi 6 avril

 

From a House on Willow Street d’Alastair Orr

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Depuis quelques temps, les jeunes auteurs de genre qui s’attaquent à la sous-catégorie des « home invasion » semblent être tous être traversés par la même idée – qu’ils pensent probablement être seuls à avoir –, à savoir d’inverser le procédé et de faire des envahisseurs les victimes. Après Intruders et Don’t Breath, From a House on Willow Street reprend cette même formule. Pâtissant d’un jeu d’acteurs à la limite de l’amateurisme et d’un esprit de sérieux assez handicapant, le film trouve son salut dans le travail sur les maquillages et les effets spéciaux, notamment dans une dernière partie peuplée d’exorcismes foireux et de tortures surnaturelles. Il est parfois plus rafraîchissant de voir un tel film sans ambitions « auteurisantes », même raté, qu’un film de petit malin prétentieux qui n’accepte pas de faire un vrai film de genre sans y instiller une dimension de nanar festivalier à « haute » portée sociale ou psychologique (suivez mon regard… vers le bas !).

 

Bloodlands de Steven Kastrissios

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Greffer un survival horrifique à un drame familial semblait certainement être une idée révolutionnaire à Steven Kastrissios. Ça ne l’est pas et le rendu esthétique crapoteux de cet ersatz de film albanais réalisé par un australien ne fait qu’augmenter la détresse du spectateur devant cette épreuve heureusement assez courte (1h20).

 

Vanishing Time : A Boy Who Returned d’Um Tae-hwa

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Deuxième long métrage pour Um Tae-hwa, Vanishing Time peut être vu comme un hommage voilé à certains films Amblin, de par les thèmes abordés et la narration, mais c’est plutôt du côté du manga ou de l’anime qu’il faut peut-être aller chercher des similitudes et des influences. (…) La manière dont est abordée la relation entre les deux personnages principaux, cette histoire d’amitié ou d’amour impossible contrainte par les atermoiements du temps, renvoie à une notion de romantisme fantastique que l’on peut notamment retrouver dans l’animation japonaise, par exemple dans Your Name de Makoto Shinkai.

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Tarde para la ira de Raúl Arévalo

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Tarde para la ira parvient à éviter les écueils du film de vengeance, en jouant précisément avec les attentes liées au genre. Ce jeu sur les attentes, le film y joue une première fois dans sa manière de développer une première partie assez trouble, dans laquelle le « héros » semble poser ses pions de manière assez méthodique. Ce long préambule à la vengeance laisse présager que celle-ci sera lente, détournée, voire vicieuse. Puis, tout bascule extrêmement vite, sans crier gare, lors d’une scène « tournant » qui fait basculer le film dans un « revenge movie » pur et simple, avec tout ce que cela implique de violence graphique. À partir de là, le film est assez honnête et limpide quant à son projet, suivre ce personnage de moins en moins humain dans l’assouvissement de ses pulsions primaires de vengeance.

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Vendredi 7 avril

 

Loop (Hurok) d’Isti Madarász

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Polar hongrois avec un twist temporel, Loop joue avec cette boucle répétitive jusqu’à plus soif, presque jusqu’à l’écœurement, mais fait preuve d’une réelle volonté de se démarquer du tout venant du genre. Il y a quelque chose d’intéressant dans cette manière dont le scénario tourne en rond de manière ininterrompue, sans effets ostentatoires, et en devenant de plus en plus conceptuel quant à la motivation du héros, sa transformation et sa multiplication au gré des passages dans le même segment temporel.

 

Message from the King de Fabrice du Welz

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Contrairement à Tarde para la ira, le dernier film de Fabrice du Welz a bien du mal à s’éloigner des poncifs du « revenge movie », sous-genre dans lequel il s’ancre pleinement, sans distance. Message from the King suit – sans réel point de vue et avec une pointe de puritanisme très étonnant – la vengeance unilatérale de son « héros » Jacob King, débarqué d’Afrique du Sud à Los Angeles et poursuivant sans répit les assassins de sa sœur, dans une ville qui le dépasse, voire qui l’horrifie. Difficile de reconnaître le cinéma et la personnalité de Fabrice du Welz dans cet ersatz sans saveur et très « bourrin » d’un polar droitier des années 70.

 

Le BIFFF se tient du 4 au 16 avril au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles

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BIFFF 2017 – « Vanishing Time : A Boy Who Returned » de Um Tae-hwa

Deuxième long métrage pour Um Tae-hwa – qui fut notamment assistant de Park Chan-wook sur Lady VengeanceVanishing Time peut être vu comme un hommage voilé à certains films Amblin, de par les thèmes abordés et la narration, mais c’est plutôt du côté du manga ou de l’anime qu’il faut peut-être aller chercher des similitudes et des influences.

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Quatre enfants (trois garçons et une fille) partent dans la montagne à la recherche d’un œuf magique aux propriétés apparemment surnaturelles. S’étant quelques minutes éloignée du groupe, la petite fille (Su-rin) s’aperçoit que ses trois camarades ont disparu comme par enchantement, ne laissant derrière eux que le fameux œuf, cassé. Alors qu’elle revient au village et que les trois garçons sont portés disparus, les rumeurs les plus folles circulent à son encontre et les parents des autres la soupçonnent d’en savoir plus qu’elle n’en dit. Alors qu’elle retourne dans les bois montagneux, elle tombe sur un jeune adulte mystérieux qui lui dit être l’un de ses trois camarades (Sung-min). D’abord sous le choc, elle finit par croire que cet homme est bien son ami, mystérieusement vieilli d’une dizaine d’années.

Le film fait en réalité s’affronter deux lignes narratives et deux genres, en mettant vite en alternance l’histoire de Su-rin qui retrouve son ami Sung-min, mystérieusement changé, et celle de Sung-min lui-même, lors de longs flashbacks sur l’errance des trois garçons après leur disparition, enfermés dans une bulle temporelle figée. C’est donc une sorte de thriller villageois, avec disparition d’enfants, enquête policière, etc. qui est mise en parallèle avec un film fantastique de paradoxe temporel, le tout vu par des points de vue d’enfants.

Dans la partie « flashbacks », les enfants passent notamment leur temps – même s’il est bloqué, il faut bien le passer – à lire des mangas. Et c’est probablement dans cette piste qu’il faut fouiller pour appréhender le film tel qu’il doit l’être, tant on y retrouve cette manière propre au manga d’aborder des thématiques adultes et/ou de genre (ici fantastique, voire science-fiction) par le biais d’un point de vue de l’enfance.

La manière dont est abordée la relation entre Su-rin et Sung-min, cet histoire d’amitié ou d’amour impossible contrainte par les atermoiements du temps, renvoie à une notion de romantisme fantastique que l’on peut notamment retrouver dans l’animation japonaise, par exemple dans Your Name de Makoto Shinkai. Les deux films sont assez proches sur le plan thématique mais, si Your Name est plus abouti dans son fond et dans sa forme, Vanishing Time soulève peut-être plus de questions délicates quant au décalage entre ses deux protagonistes (de distance dans Your Name, d’âge dans Vanishing Time) qui visuellement, apporte une dimension véritablement ambigüe, dans cette idylle à peine voilée entre une jeune fille et un homme de plus en plus âgé.

Thibaut Grégoire

 

Le BIFFF se tient du 4 au 16 avril au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles

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Le meilleur et le pire de 2016

Petit retour traditionnel et obligé sur l’année écoulée, sous forme de deux listes mettant en évidence ce qui était grand et ce qui ne l’était pas.

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Top 10 (ou 11)

(Difficile de départager les trois premiers et les trois derniers de ce top, d’où les égalités et le petit débordement d’un top 10 à un top 11.)

1/ Ma loute – Bruno Dumont

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=/ Paterson – Jim Jarmusch

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=/ Un jour avec, un jour sans – Hong Sang-soo

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4/ Midnight Special – Jeff Nichols

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5/ The Neon Demon – Nicolas Winding Refn

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6/ Elle – Paul Verhoeven

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7/ Rester Vertical – Alain Guiraudie

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8/ Les Huit salopards – Quentin Tarantino

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9/ Aquarius – Kleber Mendonça Filho

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=/ Brooklyn Village – Ira Sachs

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=/ Ce sentiment de l’été – Mikhaël Hers

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Nanars 2016 (grand cru)

(On retrouve plus de navets d’auteurs que de cornichoneries grand public dans cette liste non-exhaustive. Honneur aux films et aux « cinéastes » dont les ambitions démesurées ne s’accordent jamais avec l’étroitesse de leurs visions.)

1/ Divines – Houda Benyamina

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2/ Éternité – Tran Anh Hung

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3/ Collateral Beauty – David Frankel

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4/ La Pazza Gioia – Paolo Virzì

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5/ I, Daniel Blake – Ken Loach

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6/ Parasol – Valéry Rosier

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7/ L’Économie du couple – Joachim Lafosse

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8/ Le Disciple – Kirill Serebrennikov

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9/ Ils sont partout – Yvan Attal

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10/ Belgica – Felix Van Groeningen

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11/ The Danish Girl – Tom Hooper

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12/ Le Confessioni – Roberto Andò

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Sorties Cinéma – 14/12/2016

Quatre films passés à Cannes sortent dans nos salles cette semaine : de la compétition officielle, le Prix de la mise en scène d’Olivier Assayas et le dernier Park Chan-wook ; de la Quinzaine des Réalisateurs, un mélo-psycho-drame signé Bellocchio et une fable poujado-naïve par l’inénarrable Rachid Djaidani.

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Personal Shopper d’Olivier Assayas

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Assayas semble s’amuser à mêler ces trois films en un, en confrontant un même personnage à trois genres distincts : le film déambulatoire, le fantastique et le thriller. Il retourne ainsi vers l’esprit de films antérieurs, comme Irma Vep ou Demonlover, dans une veine plus joueuse que celle des récents Après mai et Sils Maria.

Lire la critique complète

 

Mademoiselle de Park Chan-wook

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Si le film tire une grande partie de son efficacité jouissive de son scénario à double tranchant, la mise en scène ostensiblement virtuose de Park Chan-wook abonde dans le sens de cette idée d’un cinéma de la maîtrise et de la direction du spectateur. Si l’on peut lui préférer un cinéma qui laisse une plus grande marche de manœuvre à celui qui le regarde, une plus grande part de réflexion et de liberté, on ne peut que se laisser porter et manipuler par un film qui se veut un spectacle total, traversé çà et là par des accès de folie dus à sa dimension de thriller érotico-paranoïaque.

Lire la critique complète sur Le Suricate Magazine

 

Fais de beaux rêves de Marco Bellocchio

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L’inconscient cinéphile pousse à attendre quelque chose d’un nouveau film de Marco Bellocchio, même sans avoir vu beaucoup de ces films. Mais Fais de beaux rêves s’avère être un mélo familial psychologisant dont les révélations et la construction anti-linéaire relèvent souvent d’une certaine roublardise. Sur le thème de la filiation, on est loin du Mia Madre de Nanni Moretti, par exemple….

 

Tour de France de Rachid Djaidani

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Gérard Depardieu en français moyen bourru et « gentiment » raciste ainsi que toute une panoplie de clichés sur la culture des cités et la France profonde sont les attributs du deuxième film de Rachid Djaïdani, déjà responsable de l’infâme Rengaine.