Critique et analyse cinématographique

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BIFFF 2018 : Carnet de bord (jour 7)

Une fois n’est pas coutume, beaucoup de films très mineurs au BIFFF en cette septième journée, et beaucoup de clichés : morts-vivants revanchards, héroïne « badass », possessions et rituels sataniques.

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RV : Resurrected Victims de Kyung-Taek Kwak

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RV est la confirmation, s’il en fallait encore une, que les films coréens présentés cette année au BIFFF – après A Special Lady et House of the Disappeared, et en exceptant Kim Ki-duk, définitivement à part – sont largement en-dessous de la réputation que ce cinéma national à acquis dans le domaine du genre. Commercial, croulant sous les effets tape-à-l’œil, le film de Kyung-taek Kwak tente de maintenir l’intérêt en complexifiant à outrance son intrigue – un vaseux retour des morts pour se venger de leurs assassins – à coups de flashbacks différés et de manipulations narratives, tout ça pour finir en grande messe moralisatrice sur la culpabilité et le pardon.

Note : 3/10

 

Verónica de Paco Plaza

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L’efficacité de la mise en scène de Paco Plaza ne parvient pas à faire de Veronica autre chose qu’une Série B espagnole bourrée de stéréotypes. Religion (via, évidemment, une nonne lugubre complètement grotesque), mysticisme superficiel, parallélisme avec la sexualité de l’héroïne et le deuil… Tous les clichés sont bien au rendez-vous ! C’est dommage car quelques belles idées, malheureusement inexploitées et sacrifiées sur l’hôtel du petit programme à remplir, effleurent par endroits, comme les références à l’éclipse, la « peluche protectrice » ou la présence d’Ana Torrent. (GR)

Note : 4/10

 

Hunting Emma de Byron Davis

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Présenté comme un « survival » féministe, sous prétexte qu’il met en scène une héroïne un peu « badass », comme on dit, et aux prises avec cinq tonneaux de testostérone assoiffés de sang et/ou de sexe, Hunting Emma n’est qu’un film d’action raté, qui met une bonne heure à démarrer vraiment et ne peut même pas se réfugier dans une dimension ludique de plaisir coupable, tant son installation et la mise en place de la revanche de la fameuse Emma sont laborieuses. Outre une scène de dialogue interminable, à mi-film, censée expliquer la capacité d’Emma à résister à ses agresseurs, deux autres « grands moments » viennent enterrer complètement la thèse féministe – et surtout opportuniste – qui était mise en exergue : quand elle a enfin l’occasion de se présenter à l’un de ses agresseurs après lui avoir rendu la monnaie de sa pièce, notre héroïne choisira de se présenter non pas par son nom et son identité propre, mais comme la fille d’un militaire haut-gradé ; en guise de scène finale, Emma pardonne un écart de conduite à son petit copain, cautionnant le fait que le monde est dur et cruel, et qu’il vaudra toujours mieux casser des gueules à tout va que de se laisser faire comme des lopettes. Non seulement le film n’est pas féministe, mais en plus il est fasciste.

Note : 2/10

 

Charismata d’Andy Collier et Toor Mian

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Visiblement éméchés lors de le présentation du film, les réalisateurs et autres membres de l’équipe ont plongé dans la salle une ambiance favorable à la bonne réception de celui-ci. Ambiance qui n’a pu que retomber après coup, face à ce film assez plat se cherchant entre enquête à base de serial-killer, comédie cynique et salmigondis satanico-vaudou. La principale qualité du film est son actrice principale, Sarah Beck Mather, véritable révélation, hélas entourée d’affreux cabotins tentant de tirer la couverture à eux.

Note : 4/10

 

Le BIFFF se tient du 3 au 15 avril au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles

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BIFFF 2018 : Carnet de bord (jour 6)

En sa sixième journée d’activité, le BIFFF 2018 continue de proposer des œuvres à cheval entre genre et film d’auteur, et poursuit donc sa lancée réjouissante. Au programme, entre quelques produits de consommation courante : le nouveau Kim Ki-duk et un curieux film de vengeance emmené par un squatteur contorsionniste.

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El Habitante de Guillermo Amoedo

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Énième histoire de possession assortie d’un « home invasion », ce film mexicain sacrifie à pratiquement tous les clichés du genre. Baigné d’une tendance naturelle à la religiosité exacerbé, El Habitante se termine dans une grande séance étirée de prêchi-prêcha, avant un twist final calamiteux et téléphoné, enfonçant définitivement le clou de la lourdeur.

Note : 3/10

 

Freehold de Dominic Bridges

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Intrigante dans son installation, puis de plus en plus limpide, cette histoire de squatteur contorsionniste ayant décidé coûte que coûte de pourrir la vie d’un agent immobilier en lui salopant son appartement et sa vie tombe souvent dans le mauvais goût et se montre assez vite répétitif. Mais il se dégage tout de même du concept et du corps hors normes de l’acteur espagnol Javier Bottet (Mama, Ça) une étrangeté certaine qui englobe le film et le rend assez intéressant.

Note : 6,5/10

 

Human, Space, Time and Human de Kim Ki-duk

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Partageant sa filmographie à la fois entre films contemplatifs et incursions dans le genre, et entre apaisement relatif et déchaînements incontrôlés de misanthropie notoire, Kim Ki-duk est indubitablement difficile à suivre, mais tout aussi indubitablement un auteur assez majeur. Human, Space, Time and Human fait donc partie de ces films de la seconde catégorie (genre + misanthropie) et fait preuve d’un profond pessimisme, qui pourra en rebuter certains. Mais même si l’on n’est pas obligé d’adhérer à la vision de Kim Ki-duk de l’humanité et des comportements humains, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’une vision d’auteur totalement jusqu’au-boutiste, que l’on aurait tort de rejeter en bloc et qui, relevant pleinement du domaine de l’allégorie, se départit peut-être même de la dérive misanthrope et voyeuriste qu’on lui accole un peu trop vite.

Note : 8/10

 

Mercy Christmas de Ryan Nelson

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Niveau amateur pour ce jeu de massacre de Noël, pénible nanar aux effets douteux et à l’interprétation catastrophique qui essaie de se faire passer pour une comédie noire volontairement décalée par l’entremise de l’utilisation calamiteuse d’une musique ringarde, mais peine à cacher le ratage complet qu’il constitue.

Note : 1,5/10

 

Crooked House de Gilles Paquet-Brenner

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Adaptation très fidèle dans son intrigue d’un des meilleurs romans d’Agatha Christie, mais ne réussissant que très rarement à restituer tout l’humour et l’ironie qui se cache derrière le style et les dialogues de l’auteur, Crooked House bénéficie d’un casting impressionnant de « has-been » vraisemblablement contents de cachetonner. Ce n’est pas déplaisant, loin de là, mais l’ennui finit par remplacer irréversiblement la relative bienveillance avec laquelle on regarde ce type d’objet propret.

Note : 4/10

 

The House of Disappeared de Dae-woong Lim

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Remake sud-coréen du vénézuélien La Casa del fin de los tiempos – vu au BIFFF lors de l’édition 2015 – The House of the Disappeared accompli l’exploit de transformer un film dans nos souvenirs plutôt efficace et intriguant en purge ennuyeuse et grandiloquente, noyée dans une musique envahissante et dans les effets éculés. Il est donc vivement conseillé de plutôt se tourner vers le film original, dont voici la critique : BIFFF 2015 – « La Casa del fin de los tiempos » d’Alejandro Hidalgo

Note : 2/10

 

Le BIFFF se tient du 3 au 15 avril au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles

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BIFFF 2018 : Carnet de bord (jour 5)

Et encore deux bons films à l’actif de cette édition 2018 décidément foisonnante et surprenante : le « teen-movie » fantastique Blue My Mind et le faux biopic de la femme la plus assassinée du monde – la reine du grand-guignol Paula Maxa –, sorte de miroir tendu par le BIFFF vers lui-même.

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Blue My Mind de Lisa Brühlmann

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Si le principe de traiter le thème des transformations adolescentes et de la découverte de la sexualité à travers un prisme fantastique n’est pas exactement nouveau et qu’il a pu donner de bonnes et de moins bonnes choses – l’exemple le plus récent étant le Grave de Julia Ducourneau –, le suisse allemand Blue My Mind parvient à apporter sa pierre à l’édifice, d’abord par la piste choisie quant à la transformation qui sera finalement celle de son héroïne, puis dans la relation entre celle-ci et un autre personnage de jeune fille, dont on ne sait d’abord pas bien s’il s’agit d’une antagoniste ou d’une alliée. Si le film n’échappe pas à l’une ou l’autre faute de goût – notamment dans sa propension douteuse à faire du sexe quelque chose de répugnant –, il finit par rendre justice à ses personnages et à aller jusqu’au bout de son programme de manière assez honnête.

Note : 7/10

 

The Lodgers de Brian O’Malley

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Quelque part entre Le Village et Les Autres, cette histoire de malédiction et de fantômes victoriens ne brille pas par son originalité mais réussi au moins là où a lamentablement échoué le Muse de Balagero, dans la mise en place de « règles » bien établies et d’un pacte plutôt bien dessiné. Au-delà de ça, le film de Brian O’Malley reste passablement ennuyeux.

Note : 4/10

 

La Femme la plus assassinée du monde de Franck Ribière

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Film de mise en abyme sur le théâtre de grand-guignol, questionnant de manière aussi pertinente qu’habile la place du spectateur et la condition de l’acteur, le premier film en tant que réalisateur du producteur Franck Ribière (Cell 211, La Meute, plusieurs films d’Alex de la Iglesia,…) mêle réflexion déguisée sur la fiction et polar gothique de manière ludique et vertigineuse. Le vertige fut également double lors de la projection au BIFFF puisque les conditions de réception spectatorielle décrites par le film sont exactement les mêmes que celles mises en place par le festival et ses habitués. Les « derrière toi », « n’y va pas » et autres exhortations du public dirigées vers des personnages de fiction eurent cette fois-ci cours à la fois dans la salle et sur l’écran. La Femme la plus assassinée du monde était donc en quelque sorte le film parfait pour le BIFFF, presque un film « sur » le BIFFF.

Note : 8/10

 

A Special Lady de An-kyu Lee

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Thriller coréen à base de gangsters retors, de coups de Trafalgar et de courses poursuites ennuyeuses, A Special Lady remplit vraiment le minimum syndical de ce qu’on attend d’un film de ce type, en termes de simple efficacité. Parfois incompréhensible, le film échoue en outre à créer des personnages forts et cohérents, à l’image de la « femme spéciale » du titre, qui n’a finalement de spécial que sa coiffure néo-punk.

Note : 3/10

 

Le BIFFF se tient du 3 au 15 avril au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles

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Top 10 2017

Fin d’année oblige, le temps est venu du traditionnel top 10 des films préférés de 2017. Toutes les revues, sites et autres blogueurs cinéma cèdent à la tradition et les listes ont tendance à se ressembler ou à réunir les uns et les autres en différents mouvements ou différentes chapelles. Le présent top se veut radical, subjectif, et ne ressemblera peut-être pas trop – espérons-le – à la majorité des autres.

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1/ La Villa de Robert Guédiguian

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2/ Split de M. Night Shyamalan

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3/ Yourself and Yours de Hong Sang-soo

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4/ Jeannette de Bruno Dumont

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5/ Après la tempête de Hirokazu Kore-eda

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6/ The Lost City of Z de James Gray

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7/ Le Jour d’après de Hong Sang-soo

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8/ Les Fantômes d’Ismaël d’Arnaud Desplechin

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9/ 12 jours de Raymond Depardon

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10/ The Square de Ruben Östlund

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FILM FEST GENT 2017 – « La Caméra de Claire » de Hong Sang-soo

Alors que nous n’avons pas encore rattrapé Yourself and Yours ni Le Jour d’après – deux films sortis en France en 2017, mais pas (encore ?) en Belgique –, c’est avec un plaisir non-dissimulé que nous nous sommes précipités à la présentation à Gand du troisième film réalisé par Hong Sang-soo en moins de deux ans – et sélectionné, tout comme Le Jour d’après, lors du dernier Festival de Cannes. Si un film de « HSS » est toujours une expérience particulière mais à rattacher à l’ensemble et au cours défilant de sa filmographie, sa vision et sa réception ne se fait jamais sans une certaine part de subjectivité dans l’appréhension de l’œuvre du cinéaste et de relation individuelle aux films et ce qu’ils racontent/montrent. Le simple fait de découvrir le film en version originale coréenne sous-titrée en néerlandais, par exemple, ajoute – pour un spectateur francophone – une dimension troublante à la réception du film, dont le rapport à la langue et à la communication est – tout comme dans In Another Country – une des pierres angulaires.

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Ayant placé ses caméras dans Cannes durant le festival – mais ne filmant jamais le déroulement de celui-ci, s’attachant plutôt aux lieux épargnés par la frénésie de l’événement –, Hong-Sang-soo filme, comme à son habitude, une histoire de tergiversations amoureuses et de sentiments contrariés vaguement liée au milieu du cinéma. Si la trame principale implique un réalisateur coréen sélectionné au festival (So Wansoo), sa principale collaboratrice (Yanghye) et l’une de leurs employés (Manhee), elle fait intervenir en son sein, comme une sorte de deus ex-machina ou d’ange gardien étrange, un personnage extérieur de française (Claire), photographe amateur, à la fois étrangère au monde du cinéma et à la langue ou la culture coréenne. Si ce personnage fait le lien entre les autres, de manière à créer un écho entre les scènes et à faire avancer l’intrigue en différé – la communication n’est (presque) jamais directe entre Manhee et les deux autres personnages, elle passe principalement par l’intervention de Claire –, il doit également passer outre la barrière du langage et de la culture, en demandant des explications aux autres de façon parfois laborieuse, comme pour être sûr de bien comprendre tous les aspects de ce qui se joue sous ses yeux.

Ce personnage au départ un peu mystérieux, pouvant être d’abord assimilé à une fonction scénaristique, se révélera au final animé par une passion personnelle, un passé propre, mais est aussi lié à un objet à la fois mystique et révélateur : son appareil photo Polaroïd. Cet appareil, cette « caméra », joue – autant que le personnage auquel il est assigné – un rôle de lien entre les personnages, puisque c’est lui qui fait rebondir les situations. C’est par photo, par image interposée, que les personnages de Manhee, Yanghye et So Wansoo réalisent quelque chose sur la personne photographiée, que les sentiments et les situations changent. Et la photo est aussi un prétexte pour le personnage de Claire (Isabelle Huppert), ainsi que pour Hong Sang-soo, d’exprimer un ressenti très personnel sur le vécu et les souvenirs.

Claire, dans un dialogue vers la fin du film, explique pourquoi elle prend les choses et les personnes qu’elle croise en photo : parce qu’elle aime s’attarder par après sur ses images, afin de s’imprégner du souvenir de l’instant vécu, ce qui lui permettrait de mieux saisir l’essence même de cet instant. Ainsi, le souvenir de l’instant deviendrait plus prégnant que l’instant même. Cette idée va à l’encontre de tout un courant de pensée très à la mode et qui se résumerait au fameux « Live the moment » (vivre l’instant présent). On peut y voir une prise de parole voilée de Hong Sang-soo sur la pratique du cinéma, lequel serait alors un prisme à travers lequel peuvent être captés les moments, les souvenirs, quelque chose de la réalité qui nous échappe sur le moment mais peut se révéler à nous une fois transformé par l’image.

Ces grilles de lectures ne sont que quelques pistes pour appréhender un film qui se donne comme « léger », qui peut sembler mineur de prime abord mais est probablement beaucoup plus grand qu’il n’y paraît. Il y a sûrement encore beaucoup à en dire, notamment concernant la façon dont il soulève et renouvelle la figure de l’artiste – les dialogues laissent penser que tous les personnages ont potentiellement une âme d’artiste, que tout acte de création, même intime, même caché ou fantasmé, est un geste d’artiste – ou encore concernant la présence étrange, aléatoire et fantastique d’un grand chien qui semble rôder autour des personnages tel une sorte de fantôme. Le cinéma de Hong Sang-soo est d’autant plus riche qu’il arbore une simplicité pudique, qui dissimule toutes les subtilités et les particularités des sentiments et de l’humain.

Thibaut Grégoire

 

Le Festival de Gand se déroule du 10 au 20 octobre 2017

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BIFFF 2017 – Jours 11, 12 et 13

La fin du BIFFF fut calme – de notre côté – et pauvre en découvertes. Il faut dire que deux semaines de visionnages intensifs, de Troll et d’ambiance électrisante nous auront bien fatigué.

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Vendredi 14 avril

 

Will You Be There ? de Hong Ji-young

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En sachant que ce film coréen est adapté d’un roman de Guillaume Musso, on sait plus ou moins ce qu’on va y trouver, à savoir une romance, des bons sentiments et un peu de surnaturel – en l’occurrence un paradoxe temporel assez classique. Étant donné qu’il est difficile de rater totalement un film sur le voyage dans le temps – l’aspect ludique reprenant toujours le dessus sur la dimension de déjà-vu – Will You Be There ? est largement regardable, malgré les lourdeurs scénaristiques et de mise en scène, notamment un usage pénible des ralentis musicaux.

 

Samedi 15 avril

 

Prooi de Dick Maas

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Si un quelconque esprit malade sera tenté de voir dans cette série B hollandaise une parabole de la société se retournant contre ses citoyens – après tout, il s’agit bien d’un lion, emblème nationale, terrorisant les habitants d’Amsterdam –, la seule chose à y voir de fait est son effet spécial principal, ce lion en animatronique, particulièrement gratiné et ringard, qui prend un malin plaisir à décimer du mauvais acteur néerlandais. Parfois, il faut se contenter de peu….

 

Don’t Kill It de Mike Mendez

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Dans cette série B assumée et destinée au marché DVD et VOD, l’immarcescible Dolph Lundgren livre un combat sans merci à une entité antédiluvienne qui prend possession des corps pour répandre la mort. C’est assez laid visuellement, pas vraiment « fun », mais ça rempli le contrat de base, à savoir pas grand-chose.

 

Dimanche 16 avril

 

Storm : Letters van vuur de Dennis Bots

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La séance communautaire du BIFFF, réservée exclusivement aux jeunes enfants néerlandophones, puisqu’elle présentait un film familial en néerlandais sans sous-titres. On se demande donc bien pourquoi ce film-ci n’a pas été sous-titré, étant donné que tous les autres du festival l’ont été. Au-delà de ça, Storm est une aventure historico-enfantine à forte portée didactique sur le moyen-âge anversois et les écrits de Martin Luther. Ça ressemble comme deux gouttes d’eau aux petits films de l’Historium de Bruges (pour ceux qui l’ont visité – minute « private joke »).

 

Le BIFFF se tient du 4 au 16 avril au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles

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BIFFF 2017 – Jours 7 et 8

Des espagnols dans l’espace (ou pas), un coréen dans un tunnel, des soldats dans les bois et du Cronenberg light ont animé les séances de ce début de deuxième semaine au BIFFF.

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Lundi 10 avril

 

Orbiter 9 de Hatem Khraiche

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Dans l’impressionnante délégation de films espagnols de consommation courante qui sont présentés cette année au BIFFF, Orbiter 9 est le représentant science-fictionnel. Le film commence comme un Gravity ou un Passengers à petit budget et petite surface, avant de basculer suite à un twist censément bouleversant dans un film d’anticipation plus terre-à-terre. Et c’est le principal défaut du film : au lieu de l’ouvrir, de lui offrir des horizons plus larges, ce retournement de situation mal négocié l’enferme dans des thèmes et des enjeux déjà vus et à la portée finalement très faible. Il ne reste au final qu’une romance maladroite dans un cadre vaguement futuriste, servie par des acteurs transparents, des dialogues atterrants et une absence flagrante de mise en scène.

Voir les 2 avis

 

Tunnel de Kim Seong-hun

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Difficile de reconnaître la patte du réalisateur de Hard Day dans ce film catastrophe assez « mainstream », malgré les tentatives d’humour noir, de critique sociale et une dimension chorale plutôt bien rendue. Le personnage principal, bloqué sous un tunnel écroulé et attendant plus d’un mois qu’on vienne le secourir, est décrit de manière assez complexe pour que l’on s’intéresse à lui et à son sort jusqu’à la fin, mais le film est aussi plombé par une tendance tenace au poujadisme, entamant avec un peu trop de facilité le vieux refrain du « tous pourris » ou encore assimilant la presse à un tas de crétins. S’il s’agissait d’une satire assumée, cela passerait sans problème, mais l’aspect critique du film n’est pas assez développé pour que l’on puisse lui donner du crédit au-delà d’une certaine forme de café du commerce.

 

Mardi 11 avril

 

Kill Command de Steven Gomez

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Mix maladroit entre un « survival » dans les bois et un jeu vidéo de tir, Kill Command fait s’affronter une équipe de militaires et des robots tireurs ultra-perfectionnés, conçus pour les remplacer. Le design des robots et les effets spéciaux, en règle générale, sont plutôt réussis. C’est correctement joué et d’un rendu globalement professionnel… mais c’est répétitif en diable et d’un ennui profond.

 

Replace de Norbert Keil

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Curieux film que ce Replace, qui semble partagé entre deux volontés : celle de s’ancrer dans un cinéma « arty » à prétention esthétisante mais qui semble plus se baser sur des canons publicitaires ou clipesques que cinématographique, et celle de proposer un film de genre référencé avec une part de grand-guignolesque assumée. Dans les faits, le film est d’ailleurs clairement coupé en deux, le côté « arty » insupportable investissant nettement plus la première partie que la seconde, laquelle laisse plus de place au raté, à l’imperfection. Ce film sur la chair en putréfaction et le vieillissement accéléré voudrait bien faire penser à Cronenberg, mais n’y parvient que par ses thèmes, jamais par sa mise en scène ou sa photographie qui pousse à l’extrême la saturation des sources de lumières et les effets de voiles. Dans ce cas, trop de stylisation tue le style.

Voir le pour/contre

 

Le BIFFF se tient du 4 au 16 avril au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles

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