Critique et analyse cinématographique

BIFFF – Jours 3 et 4

Jeudi et Vendredi ont marqués l’entrée dans le vif du sujet de ce 35ème BIFFF et, outre la déception provoquée par le très attendu nouveau film de Fabrice du Welz, les bonnes surprises de ce début de festival sont venues d’un mélo fantastique coréen, d’un « time flick » hongrois et d’un « revenge movie » espagnol.

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Jeudi 6 avril

 

From a House on Willow Street d’Alastair Orr

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Depuis quelques temps, les jeunes auteurs de genre qui s’attaquent à la sous-catégorie des « home invasion » semblent être tous être traversés par la même idée – qu’ils pensent probablement être seuls à avoir –, à savoir d’inverser le procédé et de faire des envahisseurs les victimes. Après Intruders et Don’t Breath, From a House on Willow Street reprend cette même formule. Pâtissant d’un jeu d’acteurs à la limite de l’amateurisme et d’un esprit de sérieux assez handicapant, le film trouve son salut dans le travail sur les maquillages et les effets spéciaux, notamment dans une dernière partie peuplée d’exorcismes foireux et de tortures surnaturelles. Il est parfois plus rafraîchissant de voir un tel film sans ambitions « auteurisantes », même raté, qu’un film de petit malin prétentieux qui n’accepte pas de faire un vrai film de genre sans y instiller une dimension de nanar festivalier à « haute » portée sociale ou psychologique (suivez mon regard… vers le bas !).

 

Bloodlands de Steven Kastrissios

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Greffer un survival horrifique à un drame familial semblait certainement être une idée révolutionnaire à Steven Kastrissios. Ça ne l’est pas et le rendu esthétique crapoteux de cet ersatz de film albanais réalisé par un australien ne fait qu’augmenter la détresse du spectateur devant cette épreuve heureusement assez courte (1h20).

 

Vanishing Time : A Boy Who Returned d’Um Tae-hwa

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Deuxième long métrage pour Um Tae-hwa, Vanishing Time peut être vu comme un hommage voilé à certains films Amblin, de par les thèmes abordés et la narration, mais c’est plutôt du côté du manga ou de l’anime qu’il faut peut-être aller chercher des similitudes et des influences. (…) La manière dont est abordée la relation entre les deux personnages principaux, cette histoire d’amitié ou d’amour impossible contrainte par les atermoiements du temps, renvoie à une notion de romantisme fantastique que l’on peut notamment retrouver dans l’animation japonaise, par exemple dans Your Name de Makoto Shinkai.

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Tarde para la ira de Raúl Arévalo

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Tarde para la ira parvient à éviter les écueils du film de vengeance, en jouant précisément avec les attentes liées au genre. Ce jeu sur les attentes, le film y joue une première fois dans sa manière de développer une première partie assez trouble, dans laquelle le « héros » semble poser ses pions de manière assez méthodique. Ce long préambule à la vengeance laisse présager que celle-ci sera lente, détournée, voire vicieuse. Puis, tout bascule extrêmement vite, sans crier gare, lors d’une scène « tournant » qui fait basculer le film dans un « revenge movie » pur et simple, avec tout ce que cela implique de violence graphique. À partir de là, le film est assez honnête et limpide quant à son projet, suivre ce personnage de moins en moins humain dans l’assouvissement de ses pulsions primaires de vengeance.

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Vendredi 7 avril

 

Loop (Hurok) d’Isti Madarász

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Polar hongrois avec un twist temporel, Loop joue avec cette boucle répétitive jusqu’à plus soif, presque jusqu’à l’écœurement, mais fait preuve d’une réelle volonté de se démarquer du tout venant du genre. Il y a quelque chose d’intéressant dans cette manière dont le scénario tourne en rond de manière ininterrompue, sans effets ostentatoires, et en devenant de plus en plus conceptuel quant à la motivation du héros, sa transformation et sa multiplication au gré des passages dans le même segment temporel.

 

Message from the King de Fabrice du Welz

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Contrairement à Tarde para la ira, le dernier film de Fabrice du Welz a bien du mal à s’éloigner des poncifs du « revenge movie », sous-genre dans lequel il s’ancre pleinement, sans distance. Message from the King suit – sans réel point de vue et avec une pointe de puritanisme très étonnant – la vengeance unilatérale de son « héros » Jacob King, débarqué d’Afrique du Sud à Los Angeles et poursuivant sans répit les assassins de sa sœur, dans une ville qui le dépasse, voire qui l’horrifie. Difficile de reconnaître le cinéma et la personnalité de Fabrice du Welz dans cet ersatz sans saveur et très « bourrin » d’un polar droitier des années 70.

 

Le BIFFF se tient du 4 au 16 avril au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles

Plus d’infos sur le site du BIFFF

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3 Réponses

  1. Louis Dandroit

    « le cinéma et la personnalité de Fabrice du Welz »… Vous pensez à … ?? Pas à l’hideux Alleluia je suppose.

    avril 11, 2017 à 12:57

    • Revu Alléluia et changé radicalement d’avis sur ce film. Donc si, et non, pas si hideux que ça. Mais je n’idolâtre pas du Welz pour autant…

      avril 11, 2017 à 13:02

      • Louis Dandroit

        Devrais pê le revoir aussi… Parfait et why not: il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis 😉

        avril 11, 2017 à 18:29

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