Critique et analyse cinématographique

BIFFF 2017 – « Tarde para la ira » de Raúl Arévalo

Acteur dans La Isla Minima d’Alberto Rodríguez ou encore dans Les Amants passagers de Pedro Almodóvar, Raúl Arévalo, pour son premier long métrage en tant que réalisateur, s’aventure sur le terrain balisé et rebattu du film de vengeance, genre qui trouve un autre avatar notable au BIFFF cette année : le Message from the King de Fabrice du Welz. Au jeu des comparaisons, c’est plutôt Ce film espagnol qui s’en tire avec les honneurs, de par sa manière de déjouer les attentes.

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L’appréhension que l’on peut éprouver devant un film de cet acabit est souvent lié à la dimension toujours assez droitière de scénarios unilatéraux mettant en scène des « autojusticiers » dont la souffrance initiale semble justifier un déferlement de violence sur les cibles de leur vendetta personnelle. Il y a très souvent un côté malsain dans la manière dont est orchestré et structuré le plan de vengeance, un peu comme un spectacle avec une issue en forme de cerise sur le gâteau, l’ultime punition, toujours plus horrible que celles qui l’auront précédées.

Tarde para la ira parvient à éviter cet écueil, en jouant précisément avec les attentes liées au genre et en gommant tout bonnement ce climax, ce clou du spectacle qui n’aura, pour le coup, pas lieu. Ce jeu sur les attentes, le film y joue une première fois dans sa manière de développer une première partie assez trouble, dans laquelle le « héros » semble poser ses pions de manière assez méthodique. Ce long préambule à la vengeance laisse présager que celle-ci sera lente, détournée, voire vicieuse. Puis, tout bascule extrêmement vite, sans crier gare, lors d’une scène « tournant » qui fait basculer le film dans un « revenge movie » pur et simple, avec tout ce que cela implique de violence graphique.

À partir de là, le film est assez honnête et limpide quant à son projet, suivre ce personnage de moins en moins humain dans l’assouvissement de ses pulsions primaires de vengeance. Le film remplira son contrat, sur ce plan-là, même en esquivant cette fin obligée, ce qui lui confère un certain panache : celui de respecter ses enjeux de série B basique, mais de manière détournée, jamais comme on l’attend.

Thibaut Grégoire

 

Le BIFFF se tient du 4 au 16 avril au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles

Plus d’infos sur le site du BIFFF

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