Critique et analyse cinématographique

FILM FEST GENT 2016 – Quelques nanars festivaliers…

Dans le flux des films que l’on peut emmagasiner lors d’un festival, il y a inévitablement ceux qui semblent n’avoir été faits que pour y figurer, arpenter les festivals de films à travers le monde pour tenter de trouver un public qui n’existe pas et choquer au passage le festivalier amorphe. Ce sous-genre a malheureusement été (in)dignement représenté lors de cette édition du Festival de Gand. Si celui-ci aura été riche en très bons films (Paterson, Loving, Le Secret de la chambre noire,…) ainsi qu’en découvertes (L’Ornithologue, Soy Nero, Hermia et Helena,…), il a également été pourvoyeur de nanars festivaliers. Petit florilège….

 

Clash de Mohamed Diab

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Présenté à Cannes dans la section Un Certain Regard, Clash a tout du petit choc festivalier en puissance, un film de petit malin, tout fier de son concept, qui confine des manifestants de bords politiques opposés dans un fourgon de police, durant les émeutes du Caire, en 2013. C’est l’occasion pour Mohamed Diab de s’adonner à un petit exercice de style doublé d’un jeu de massacre, dans lequel les personnages sont tous des fonctions scénaristiques, et qui privilégie l’affrontement hystérique à la réflexion.

 

Home de Fien Troch

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Le Elephant de Fien Troch, dépeignant une « certaine » jeunesse flamande en plein mal-être (comme c’est original !), dans une esthétique et avec des artifices scénaristiques dignes d’une sitcom. Là encore, on n’échappera pas à la culture du choc, quelques plans frontaux sur des sexes en érections et une sous-intrigue mêlant inceste et meurtre poisseux.

 

Glory de Kristina Grozeva et Petar Valchanov

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Film bulgare qui se calque sur le modèle roumain – tant sur le plan esthétique que thématique – pour relater les mésaventures d’un modeste travailleur des chemins de fer qui, après avoir trouvé une grosse somme d’argent sur les rails, décide de la restituer à la police. Utilisé comme fantoche par le ministre des transports, il est brinquebalé de cérémonies en interviews, avant d’être digéré et rejeté. À cela s’ajoute une intrigue à base de montre perdue, sorte de McGuffin fil rouge. Glory est un film dans lequel les personnages les plus faibles sont constamment broyés par les puissants, au point d’atteindre le point de non-retour et de se venger violemment de leurs oppresseurs. Le procédé est assez abject, pousser un personnage et le spectateur dans leurs derniers retranchements, jusqu’à légitimer la vengeance personnelle et l’auto-justice.

 

A Reykjavik Porno de Greame Maley

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Un premier film islando-écossais qui coche toutes les cases de la carte de visite auto-satisfaite mais rigoureusement immontrable : noir et blanc poisseux, déstructuration narrative, gros plans déformants, intrigue vaseuse et scènes « chocs » à caractère sexuel. Un monumental navet d’auteur, même pas drôle au second degré, qui se voudrait Eraserhead mais n’est qu’un film amateur lambda, bon pour finir sur YouTube.

 

The Birth of a Nation de Nate Parker

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Ce film dépassera largement le cadre des festivals et risque même de dégoter quelques nominations aux Oscars, vu sa « portée » historique et symbolique. The Birth of a Nation a pourtant tout de la petite sensation de festival, découvert à Sundance, et suscitant apparemment depuis une vive polémique aux USA. Il faut dire que, mal interprété, il peut vite devenir un appel à l’insurrection par les armes de la communauté noire pauvre. Mais il s’agit surtout d’un film classique et esthétisant sur l’esclavage, mis en scène comme un spectacle de fin d’année et phagocyté par son auteur-réalisateur-producteur-acteur, comédien épouvantable à l’égo apparemment démesuré et voulant faire son 12 Years a Slave, comme s’il s’agissait déjà d’une référence. Cela s’appelle un navet richement doté.

 

I, Olga Hepnarova de Petr Kazda et Tomás Weinreb

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Encore un film de festivals en noir et blanc, cette fois-ci avec une dimension « biopic ». L’histoire d’une tueuse de masse tchécoslovaque qui, en 1973, tua une dizaine de personnes en fonçant dans la foule avec un camion. Le film tente de rendre compte de ce qui se passe dans la tête d’une sociopathe, mais le fait avec aridité, suivant le parfait manuel du petit auteur distancié. C’est probablement le moins pire de tous les films cités ici, mais il représente tout de même tout ce qui reste figé dans les petites sensations festivalières, dans cet autre académisme.

 

Thibaut Grégoire

 

Le Festival de Gand se déroule du 11 au 21 octobre 2016

Plus d’infos sur le site du festival

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