Critique et analyse cinématographique

FIFF 2016 – « Zaineb n’aime pas la neige » de Kaouther Ben Hania

Après un premier long métrage de fiction remarqué – Le Challat de Tunis, sélectionné notamment à l’ACID en 2014 – Kaouther Ben Hania revient au documentaire et propose une version définitive de ce qui fut en réalité un travail au long court : le tournage épisodique, étalé sur six ans, de l’histoire de membres de sa famille.

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Elle suit une mère célibataire de Tunis, qui décide de se remarier et de déménager au Canada pour rejoindre son nouvel époux et former ainsi une famille recomposée, avec ses deux enfants et la fille de son mari. Le film adopte d’entrée le point de vue de Zaineb, la petite fille tunisienne qui accepte, dans un premier temps, assez mal le rapprochement de sa mère avec un autre homme et la perspective de changer de pays.

Kaouther Ben Hania filme la création de cette famille et le ressenti de chacun – en particulier celui des enfants – en épisodes, généralement séparés d’ellipses d’un an et demi. Ce dispositif apporte une ampleur particulière au documentaire et donne au spectateur l’impression de partager la vie des personnes filmées, un peu comme il pouvait avoir l’impression de partager celle de personnages de films de fiction étalés sur la longueur – par exemple, Boyhood ou La Vie d’Adèle.

Pourtant le film est assez bref, mais le lien se crée, au-delà de ce qu’il pourrait engendrer comme réflexions sur le changement de culture, la place de la religion, etc. Ces problématiques sont là mais n’empiètent jamais sur le côté humain, le tout formant un ensemble homogène.

La réalisatrice ne manque tout de même pas de briser le quatrième mur à plusieurs reprises, afin de rappeler que l’on se trouve bien dans un documentaire, que les personnes que l’on voit évoluer existent. Et cette démarche trouve son apogée lors de la toute dernière scène, dans laquelle les intervenants prennent la place du spectateur et découvrent, pour la première fois, le film que l’on vient de voir. Si le procédé a déjà été utilisé dans d’autres documentaires, il crée toujours une sorte de vertige, un moment où le film se dédouble et communique avec le réel.

Thibaut Grégoire

 

Le FIFF se tient du 30 septembre au 6 octobre 2016 à Namur

Plus d’infos sur le site du FIFF

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