Critique et analyse cinématographique

FIFF 2016 – « Le Voyage au Groenland » de Sébastien Betbeder

Habitué d’un cinéma que certains qualifieront de « parisianiste » ou d’autres de « fragile », Sébastien Betbeder décide de révéler réellement ce qui sous-tend tous ses films en se délocalisant et en allant filmer une histoire simple d’amitié en plein milieu du Groenland.

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Thomas et Thomas, deux amis comédiens habitués des petits boulots et des grandes galères, font un voyage ensemble au Groenland, pour aller retrouver le père de l’un deux. Entre découverte des coutumes locales, tentatives amoureuses vaines de l’un des deux envers une autochtone, et consolidation de leur amitié, les deux Thomas décompressent jusqu’à en oublier leur vie d’intermittents, laquelle fini tout de même par se rappeler à eux.

Dans un de ses précédents films, 2 automnes 3 hivers, Betbeder se servait du prétexte du film choral et d’histoires d’amours fluctuantes pour évoquer une amitié masculine, sans verser dans l’éloge de la camaraderie virile. Dans Le Voyage au Groenland, c’est le dépaysement, l’importation de son cinéma dans un décor aux antipodes de ceux qu’il filme habituellement, qui lui permet d’aborder le même sujet sous un angle neuf, et avec un humour un peu différent.

Le décalage dans lequel se trouvent ces deux personnages d’artistes bohèmes au milieu des chasseurs et des pêcheurs groenlandais, essayant de communiquer et de se dépatouiller avec une langue totalement hermétique à leurs oreilles, déteint évidemment sur l’humour du film. Mais on ne peut pas non plus qualifier celui-ci de décalé, dans le sens où il n’y a aucun cynisme ni détachement parodique dans sa démarche et sa manière d’être drôle.

Ce qui séduit le plus dans Le Voyage au Groenland, c’est cette faculté à contourner les pièges dans lesquels il pourrait tomber, à créer un humour « bienveillant » qui ne ressemble pourtant à rien de ce que l’on peut voir dans des comédies françaises grand public, et à suggérer la part de mélancolie de manière non-ostentatoire, dans le flou des non-dits et du hors-champ.

Thibaut Grégoire

 

Le FIFF se tient du 30 septembre au 6 octobre 2016 à Namur

Plus d’infos sur le site du FIFF

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