Critique et analyse cinématographique

BIFFF 2016 – Jours 9 et 10

Cette édition du BIFFF s’achemine tout doucement vers sa conclusion mais propose encore quelques découvertes. Parmi les films de mercredi et de jeudi : un thriller nécrophile passable, un Saulnier correct, un Brody lamentable, un thriller coréen douteux et un Sion Sono épatant.

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Mercredi 6 avril

 

The Corpse of Anna Fritz de Hèctor Hernández Vicens

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Alors que le corps de l’actrice Anna Fritz vient d’y arriver, suite à un accident, un employé de la morgue et deux de ses amis décident de violer le cadavre. Mais Anna Fritz se réveille durant l’acte ! Un suspense sur la nécrophilie est une idée de base qui aurait pu vite donner lieu à un film douteux, voir abject, mais The Corpse of Anna Fritz, toute série B qu’elle est, parvient à mettre à distance ce sujet délicat pour tirer profit d’une intrigue de huis-clos avec peu de personnages, dans lequel chacun cherche à sauver sa peau. Le film réussit sa partie thriller en oubliant toute volonté de choquer pour choquer et termine par un sursaut vaguement féministe pas désagréable.

Note : 6/10

 

Green Room de Jeremy Saulnier

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Avec Blue Ruin, Jeremy Saulnier avait réussi l’exploit de mettre d’accord les amateurs de cinéma de genre et la critique dite « intello » (Cahiers du cinéma, Inrocks, etc.) de manière un peu incompréhensible – la dimension « poétique » de ce premier film nous échappe toujours. Saulnier risque de perdre une partie de ses aficionados – et ça se vérifie à lire la critique des Cahiers – avec ce film encore moins aimable que le précédent, mettant aux prises un groupe de rock punk avec des néo-nazis prêts à tout pour couvrir l’un d’eux, coupable d’homicide. Plus qu’un cinéaste de la poésie noire et des envolées lyriques macabres, Saulnier s’avère, avec Green Room, un petit artisan honnête du thriller réaliste et très sombre, basé dans l’Amérique profonde. Ce qui étonne le plus ici, c’est l’humour et le décalage de quelques scènes, tendant parfois à une certaine forme d’étrangeté bienvenue. Mais au final, cela reste un film assez lourd sur un long règlement de compte qui se terminera dans le sang.

Note : 6/10

 

Jeudi 7 avril

 

Backtrack de Michael Petroni

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Sorte de sous-Sixième sens grotesque, Backtrack joue au thriller psychanalytique avec un twist fantastique et atteint un niveau de roublardise scénaristique rarement atteint. En outre, Adrien Brody est réellement pathétique en psy rongé par la culpabilité suite à la mort de sa fille, mais également miné par un secret enfoui de son adolescence, lequel secret pourrait en réalité cacher un autre secret encore bien plus pesant… enfin bon…. Ce qui est sûr, c’est que Backtrack ne fait pas dans la subtilité, ce qui est un comble pour un film qui prétend parler de l’inconscient.

Note : 3,5/10

 

The Deal de Son Yong-ho

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D’une bonne facture technique et rappelant certaines réussites du genre, ce thriller coréen a tout pour marcher sur les traces de Memories of Murder ou de The Chaser. Mais cette histoire de vengeance puisant à qui mieux mieux dans de très nombreuses influences – dont L’Inconnu du Nord-Express d’Hitchcock n’est pas la moindre – se conclut par un final idéologiquement puant, qui légitime l’auto-justice et la solidarité aveugle entre flics. Dommage….

Note : 4/10

 

Tag de Sion Sono

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Sion Sono est incontestablement un cinéaste intéressant. À l’aise dans le thriller horrifique, dans le drame et dans la comédie délirante, le voici qui propose un nouvel ovni qui brasse nombre de ses terrains de prédilections. Débutant comme un film d’horreur gore pur jus, Tag plonge son héroïne Mitsuko dans le jeu de rôle métaphysique le plus protéiforme de tous les temps et alterne les univers parallèles tout comme les genres cinématographiques avec une aisance et une insouciance assez jouissives. Se permettant finalement une vraie réflexion sur le statut du personnage de fiction à l’ère du virtuel, Tag est une réelle découverte et invite à se replonger dans la filmographie touffue de ce réalisateur étonnant.

Note : 7,5/10

 

Le BIFFF se tient du 29 mars au 10 avril au Palais des Beaux-Arts

Plus d’infos sur le site du BIFFF

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