Critique et analyse cinématographique

BIFFF 2016 – « Yoga Hosers » de Kevin Smith

Reprenant des gimmicks et des personnages de son précédent film, Tusk – les deux films sont les deux premiers épisodes d’une trilogie consacrée au Canada –, Kevin Smith s’en éloigne tout de même en assumant pleinement ce qu’il avait du mal à maximiser dans le premier, à savoir le n’importe quoi absolu et l’humour bête et méchant.

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Pas de doute possible, Yoga Hosers est une comédie, pas un ersatz de film d’horreur qui ne saurait pas bien où se situer. La limite de l’absurde et du mauvais goût est ici bel et bien repoussée grâce notamment aux interprétations délirantes de Johnny Depp en détective au physique ingrat et de Justin Long en prof de yoga foireux, mais aussi et surtout grâce aux « monstres » de ce gros délire : de petits sosies d’Hitler en forme de saucisses qui adorent rentrer dans le postérieur des gens pour en ressortir par la bouche en criant « Wunderbar ! » (oui, vous avez bien lu !).

Le film brouille néanmoins les pistes dans sa première demi heure en proposant une sorte de teen-movie surréaliste et geek, dans lequel deux vendeuses de supérette font des pieds et des mains pour manquer leur service et se rendre à une fête organisée par un beau-gosse local. La bulle de savon pop se transforme donc en blague potache impolie et mauvais genre quand les deux ados adeptes de la méthode yoga affrontent les saucisses nazies.

Ça fait plaisir de voir un film et un réalisateur qui assument pleinement la farce qu’ils jouent à leur public, et qui ne se départissent jamais d’une bonne humeur communicative évidemment partagée par l’ensemble du casting du film – foisonnant et forcément en roue libre. Hors du BIFFF, où il était présenté devant une salle enthousiaste, Yoga Hosers a de quoi déstabiliser, mais il présente un gros avantage : il ne demande pas forcément à son spectateur d’avoir fumé avant pour le faire planer et lui faire ressentir les effets d’une substance hilarante.

Thibaut Grégoire

 

Le BIFFF se tient du 29 mars au 10 avril au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles

Plus d’infos sur le site du BIFFF

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