Critique et analyse cinématographique

« Moonwalkers » d’Antoine Bardou-Jacquet : Foutraque et jubilatoire

Premier long métrage du publicitaire français Antoine Bardou-Jacquet, Moonwalkers est une ambitieuse coproduction entre la Grande-Bretagne, la France et la Belgique, réunissant un casting international – l’américain Ron Perlman et les britanniques Rupert Grint et Robert Sheehan y côtoient les belges Tom Audenaert et Erika Sainte.

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Le film base son scénario sur la sempiternelle théorie du complot qui voudrait que les Etats-Unis n’aient jamais posé le pied sur la Lune en 1969 et que les images mythiques de Neil Armstrong et des ses équipiers plantant le drapeau américain auraient été tournées en studio. Antoine Bardou-Jacquet s’est emparé d’une variante de cette théorie qui impliquerait Stanley Kubrick dans la réalisation.

Dans Moonwalkers, la CIA charge l’un de ses agents les plus intrépides d’aller débaucher Kubrick et de le convaincre de tourner les fausses images de l’homme sur la Lune. Mais l’agent, sujet à des crises d’angoisses et à des hallucinations depuis son retour du Vietnam, se fait abuser par un manager de musique véreux qui lui vole la valise remplie de billets destinée au réalisateur de 2001 : L’Odyssée de l’espace. Quand il retrouve la trace de son voleur, l’agent de la CIA fait équipe avec lui pour trouver un autre réalisateur qui voudra bien mettre en scène ce qui sera peut-être l’une des plus grandes mystifications de l’Histoire.

Autant le dire tout de suite, il n’y a pas de doute une seule seconde que le film soit conçu pour tourner au ridicule cette théorie du complot rebattue, et c’est d’ailleurs une des ambitions avouées du réalisateur. Moonwalkers prend donc la forme d’une farce assumée, jouant allègrement avec les codes de la séries B et l’esthétique psychédélique des années 60-70. Le film mêle avec une certaine jubilation ses différentes influences – la comédie « sex, drugs and rock’n’roll », le film de gangster anglais et une débauche de violence toute « tarantinienne » – et les acteurs semblent s’épanouir dans ce grand foutoir organisé. Ron Perlman trouve un rôle comique halluciné qui joue avec son image de brute épaisse, Rupert Grint cabotine allègrement dans une partition qui lui en donne l’opportunité, le flamand Tom Audenaert compose un personnage énorme d’artiste farfelu, et même les plus petits seconds rôles parviennent à exister, à l’image de l’hilarant Eric Lampaert en rocker raté.

Une chose est sûre, Moonwalkers ne fait pas dans la dentelle et ne recule devant aucun gag foireux, aucune blague de mauvais goût ni aucun forçage de trait, mais c’est cet allant totalement décomplexé, portant la débilité assumée au rang d’art, qui fait son originalité et son charme plus que certain.

Thibaut Grégoire

 

Retrouvez cette critique sur Le Suricate Magazine

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