Critique et analyse cinématographique

« Amis publics » d’Édouard Pluvieux : Le cas Kev Adams

Qu’on se le tienne pour dit, Kev Adams est la nouvelle valeur sûre de la comédie française et est appelé à le rester quelque temps. Avec les récents succès des Profs 2 et des Nouvelles aventures d’Aladin, l’acteur de 24 ans fait la pluie et le beau temps dans un genre qui est donc amené à s’orienter de plus en plus vers un public adolescent. Si Les Profs 2 avait des bons moments, probablement grâce au goût du réalisateur Pierre-François Martin-Laval pour l’humour anglais, Aladin laissait déjà entrevoir les limites d’un humour bas de plafond repassant des vieux plats – on frisait parfois le plagiat de Mission Cléopâtre. Amis publics atteint le point de non-retour dans le populisme le plus satisfait et irresponsable.

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Afin de réaliser le rêve de son frère atteint d’un cancer, Léo organise un faux braquage avec des amis et grâce à la complicité d’un banquier. Mais suite à une erreur de GPS, ces pieds nickelés modernes se retrouvent à braquer réellement une autre banque, sans s’en rendre compte. De fil en aiguille, les braqueurs amateurs deviennent les héros d’une saga médiatique et les porte-parole des enfants victimes collatérales de l’explosion d’une usine et atteints du cancer.

Avec un tel « pitch », les scénaristes Edouard Pluvieux, Kev Adams et consorts espéraient probablement frapper fort en proposant à la fois un film d’action, une comédie sur le cancer et un drame sentimental. Ils pensaient sûrement aussi être à l’abri des critiques, en vertu des bons sentiments véhiculés par le film. C’est malheureusement tout le contraire qui se produit. Amis publics est l’exemple type du film qui semble avoir été fait sans cerveau, sans le recul nécessaire sur les sujets abordés et leurs implications, sans se douter qu’il faut peut-être plus que des bonnes intentions et la certitude de l’universalité du message pour pouvoir faire du cinéma conscientisé.

Non content d’être filmé comme un épisode de sitcom – Edouard Pluvieux a été réalisateur sur Soda, déjà pour Kev Adams – et parcouru de dialogues plats et jamais drôles, Amis publics est traversé par une naïveté poujadiste assez éhontée, constamment dans le registre du « tous pourris » et du chantage à l’émotion. S’il faut en passer par ce degré de cynisme et de prostitution artistique pour toucher le plus grand nombre – on verra le succès du film au box-office –, la carrière de Kev Adams au cinéma est assurément sur des rails.

Thibaut Grégoire

 

Retrouvez cette critique sur Le Suricate Magazine

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