Critique et analyse cinématographique

« Célibataire, mode d’emploi » de Christian Ditter : Sex and the City, nouvelle génération

Fraîchement débarquée en ville, Alice rencontre Robin qui lui fait découvrir l’art du célibat et du vagabondage dans les soirées new-yorkaises. Habituée aux longues relations sérieuses, Alice a beaucoup à apprendre de sa nouvelle amie, qui aime plutôt papillonner et a développé toute une théorie pour le faire avec panache. De son côté, Meg, la sœur d’Alice, entend bien mettre au monde un enfant de sa propre initiative, sans l’aide ni l’appui d’un conjoint. Enfin, Lucy tente par tous les moyens de mettre fin à son célibat qu’elle vit comme une punition, en utilisant notamment les sites de rencontres.

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Célibataire, mode d’emploi est donc un film choral, dans la lignée de Ce que pensent les hommes ou encore New Year’s Eve, mais plus ramassé – il se concentre principalement sur quatre personnages féminins principaux, les hommes étant ici des seconds rôles – et plus cru, du moins dans ses dialogues. Le projet est clairement de recréer une sorte de Sex in the City des années « Facebook et Instagram » en redonnant la parole aux femmes dans un film à mi-chemin entre la comédie potache et la rom-com « feel-good ». On retrouve donc cette dimension libérée et gentiment féministe de la série new-yorkaise, que les versions cinématographiques n’avaient jamais réussi à restituer.

Le film est principalement scénarisé par des femmes et met en vedette des comédiennes qui représentent aujourd’hui l’image de la jeune américaine décomplexée ou sexy, à savoir la vedette de Cinquante nuances de Grey (Dakota Johnson) et la blonde pétaradante et à l’aise avec ses formes de Pitch Perfect (Rebel Wilson). Célibataire, mode d’emploi agit également comme véhicule délibéré pour ses deux stars en devenir mais le fait dans un véritable esprit de cinéma de filles pour les filles doté d’une réelle puissance comique, dans la lignée de ce que faisaient déjà les deux Pitch Perfect.

Il y a bien ici des concessions faites au genre de la comédie romantique, mais celles-ci sont in fine détournées pour que le film se range plutôt du côté de la « bromance » féminine que de la bluette. Célibataire, mode d’emploi est certes un produit calibré, réalisé de manière totalement impersonnelle par un gentil faiseur, mais il contribue à un renouveau bienvenu de la comédie « mainstream » américaine, alimentée par son pendant plus « indé » et politiquement incorrect.

Thibaut Grégoire

 

Retrouvez cette critique sur Le Suricate Magazine

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