Critique et analyse cinématographique

« Sleeping with Other People » de Leslye Headland : Trash rom-com

Après avoir vogué sur le succès de Bridesmaids avec son premier film – Bachelorette, comédie trash de filles – Leslye Headland s’essaie à la comédie romantique en n’oubliant pas d’y ajouter la touche « Apatow », histoire de corser un peu une recette éculée.

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Car sous son déguisement de comédie new-yorkaise décomplexée, Sleeping with Other People ne fait que resservir la bonne vieille rengaine du « ils sont faits l’un pour l’autre », qui a fait les belles heures de la screwball comedy et celles moins avouables de la « rom-com » des années 90-2000, toujours plus nunuche jusqu’à atteindre le point de non-retour.

Ici, le couple qui se cherche est constitué de Jake et de Lainey, qui ont perdu ensemble leur virginité à l’université avant de se perdre de vue pendant 12 ans. Lors de leurs retrouvailles à New York, ils se découvrent chacun dans une situation sentimentale déplorable, sex-addict pour l’un, dépendante affective pour l’autre. Entamant une relation platonique, ils tentent de s’aider mutuellement dans leur quête de l’amour, sans se rendre compte que c’est de l’un l’autre qu’ils tombent imperceptiblement amoureux.

Le film essaie de jouer sur les deux tableaux en misant sur des dialogues crus pour dissimuler l’enjeu somme toute convenu et traditionnel du scénario : réussir à retarder le plus possible le moment où les deux héros se rendront compte qu’ils sont faits pour se mettre ensemble. C’est tout le problème du tout-venant de ce type de comédies américaines. Bien qu’elles se veulent inscrites dans l’ère du temps et qu’elles ne rechignent jamais à parler de sexe de manière très explicite, elles baignent toujours dans les mêmes valeurs et les mêmes stéréotypes que leurs modèles ancestraux, à savoir la sacralité d’un couple amoureux et fidèle.

Sleeping with Other People expose d’ailleurs son ambivalence par le décalage qui existe entre son dialogue très « cash » et sa frilosité à dépeindre de manière graphique des relations sexuelles. Si l’on voulait s’exprimer de façon aussi directe que le film sur sa démarche, on dirait : « que de la gueule ! ». En dehors de cette pudibonderie cachée, Sleeping with Other People pâtit également d’un couple de stars inégal, Alison Brie emportant constamment le morceau face à un Jason Sudeikis d’une grande fadeur, mal casté en séducteur au cœur tendre.

Thibaut Grégoire

 

Retrouvez cette critique sur Le Suricate Magazine

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