Critique et analyse cinématographique

« Phantom Boy » d’Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli : Animation à l’ancienne

En 2010, Une vie de chat avait intéressé et surpris par son dessin à la main et à l’ancienne, à la fois simple et précis, ainsi que par ses références au film noir et aux films de gangsters français. Si le premier long métrage d’Alain Gagnol et de Jean-Loup Felicioli avait trouvé un ton propre et parvenait à mixer ses influences avec son esthétique particulière, leur second essai poursuit sur cette lancée sans retrouver le rythme ni la fraicheur de son prédécesseur.

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Après s’être fait tirer dessus par un mystérieux criminel défiguré, l’inspecteur Alex Tanguy se retrouve en convalescence à l’hôpital. Il y fait la connaissance de Léo, un petit garçon de onze ans qui se bat contre la maladie et possède en outre la capacité de sortir de son corps et de se mouvoir dans la ville tel un fantôme, en volant et en traversant les murs. Grâce au pouvoir de Léo, Alex poursuit son enquête sur l’homme mystère depuis sa chambre d’hôpital.

Si l’on retrouve toujours quelques clins d’œil au genre du film noir, ce nouveau film lorgne plus clairement du côté des comics et du récit de super-héros. En situant leur action à New York et non plus à Paris, Gagnol et Felicioli gomment aussi toute une dimension très française présente dans leur premier opus pour s’orienter vers quelque chose de plus américanisé, et donc de plus lisse. Il y a toujours bien quelques références culturelles et cinématographiques spécifiques à la France – notamment par l’utilisation de Jean-Pierre Marielle pour la voix du méchant – mais cela reste très discret.

Ce qui est le plus intéressant dans Phantom Boy, c’est son esthétique singulière et le travail des animateurs, entre traditions et modernité, alliant le trait à la main et l’animation par ordinateur. Le film demeure donc un bel objet visuel mais déçoit dans son scénario et les pistes qu’il explore. Tout reste assez en surface et le spectateur a constamment l’impression de faire du surplace tant l’histoire minimale peine à évoluer. Au bout du compte, on ressort de ce film pourtant très court avec une impression d’ennui et de longueur, ce qui est assez gênant pour un dessin animé censé s’adresser majoritairement à un public très jeune, qui se lasse assez vite.

Thibaut Grégoire

 

Retrouvez également cette critique sur Le Suricate Magazine

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