Critique et analyse cinématographique

FILM FEST GENT 2015 – « The Lobster » de Yorgos Lanthimos

Habitué d’un cinéma étrange, pratiquant la critique de tous les totalitarismes par l’intermédiaire d’univers dystopiques et de la fable surréaliste, Yorgos Lanthimos avait affirmé son style avec des films tels que Canine et Alps. Ce style fait de plans fixes distanciés et de peu de dialogues se voit grandement adouci ici, même si le fond reste le même.

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Lanthimos a probablement du faire des concessions, intrinsèques à la dimension du projet et à son casting à l’échelle internationale. The Lobster est donc étrangement bavard, comme si la conscience qu’il va plus que probablement toucher un public plus large avec ce film l’obligeait à être plus explicatif, à mettre les points sur les « i » là où il parvenait à être limpide dans l’épure.

The Lobster imagine une société dans laquelle il serait contre nature d’être célibataire, et dans laquelle les personnes n’ayant pas trouvé de partenaire seraient envoyés dans un grand hôtel afin de trouver chaussure à leur pied, faute de quoi elles seraient changées en l’animal de leur choix et relâchées dans la nature. Durant leur séjour, elles seraient conviées aux joies de la chasse et participeraient à des chasses à l’homme visant à éliminer le plus de Solitaires – les contrevenant à la norme – possibles, en l’échange de jours de délai en plus avant la grande transformation.

Ce petit jeu du « et si on disait que » est à la base de beaucoup de récits d’anticipation ou d’uchronies, mais il a ici un air de satire, de blague tirée sur la longueur, qui était jusqu’à présent absent du cinéma de Lanthimos. L’idée originale est tellement vite et précisément définie qu’elle devient rapidement un système tournant à vide, et que l’on peine vraiment à distinguer tous les contours de l’allégorie sociétale derrière la farce.

Lanthimos reste un metteur en scène intéressant, excellant notamment dans la composition de ses cadres, mais The Lobster laisse apparaître ses limites en tant que scénariste et que directeur d’acteurs. Ses vedettes sont toutes engoncées dans leurs personnages de fantoches plus ou moins impuissants, ce qui renforce encore l’aspect anecdotique et superficiel de ce film dont l’emballage prime malheureusement sur le contenu.

Thibaut Grégoire

 

Le Festival de Gand se déroule du 13 au 24 octobre 2015

Plus d’infos sur le site du festival

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