Critique et analyse cinématographique

FILM FEST GENT 2015 – « Les Cowboys » de Thomas Bidegain

Scénariste attitré de Jacques Audiard, Thomas Bidegain a décidé, pour son premier film en tant que réalisateur, de s’ancrer dans une communauté de « cowboys » modernes, des fans français de country, pour raconter une histoire à la fois contemporaine et inscrite dans un imaginaire « westernien ».

Le Bugey, France. 12 decembre 2014. Scènes du ferry. Tournage du film "Les Cow-Boys" (réalisateur : Thomas Bidegain). Photo : Antoine Doyen

Quand sa fille Kelly disparaît avec son fiancé Ahmed pour intégrer des réseaux islamiques, Alain, membre éminent d’une communauté country se lance dans une longue quête pour la retrouver, laquelle quête sera prolongée par son fils des années plus tard.

Les Cowboys traverse quinze ans d’histoire contemporaine, depuis 1994, et est donc hanté par les spectres du terrorisme qui ont traversé cette époque, du 11 septembre au attentats de Londres, en passant par ceux de Madrid. Ces événements apparaissent par écrans interposés, comme ils ont traversés la vie de tout le monde à un moment donné, mais ils apparaissent plus comme une toile de fond contextuelle que comme un sujet à part entière. Le film a beau parler de croyances, d’extrémismes, de terrorisme, il est avant tout fondamentalement cinéphile.

On sent bien que ce qui intéresse Bidegain est d’abord de recréer un western moderne, d’appliquer les codes du genre à un contexte contemporain. Il parvient au passage à faire résonner des problématiques actuelles avec celles abordées dans les westerns classiques, sans tomber dans le film à sujet.

Le film est tenu par la quête et c’est dans l’évolution de celle-ci qu’il prend toute son ampleur. Si le début et la présentation du milieu country pose question – on ne sait pas trop si on est dans l’immersion où dans un regard documentaire légèrement méprisant – et qu’il faut s’habituer au casting saugrenu de François Damiens dans le rôle du père, c’est surtout dans le passage de flambeau entre celui-ci et son fils que le film s’envole et que le western prend une toute autre dimension, ouverte aux grands espaces.

Bidegain envoie le personnage du fils au Moyen-Orient, où il continue de faire défiler des symboles et des figures emblématique du western – le cavalier solitaire, le passage en prison, le calumet de la paix,…. Les Cowboys est un film de spectateur, un rappel moderne et conscient de références cinéphiliques – la plus flagrante est La Prisonnière du désert – calqué sur une réalité actuelle. C’est une assez belle manière de contourner le naturalisme tout en étant réaliste et en prise avec son temps.

Thibaut Grégoire

 

Le Festival de Gand se déroule du 13 au 24 octobre 2015

Plus d’infos sur le site du festival

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