Critique et analyse cinématographique

FIFF 2015 – « Les Êtres chers » d’Anne Émond

Après un premier long métrage décrivant de manière hystérique et agaçante un huis-clos amoureux sur le temps d’une nuit (Nuit #1, en 2010) Anne Émond rentre dans le rang d’un cinéma plus accessible et grand public, mais semble y trouver sa voie.

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Les Êtres chers décrit les répercussions d’un secret de famille sur plusieurs générations. Il s’ouvre sur le suicide d’un père de famille que l’un de ses enfants, aidé par le médecin de famille, va maquiller en crise cardiaque. Plusieurs années plus tard, le secret est dévoilé à David, l’un des autres enfants, et va l’affecter d’une douleur sourde qu’il ne révèlera jamais à sa femme et à ses enfants.

Dans sa première partie, le film fonce dans le temps en choisissant les moments forts de la vie de David suite à la mort de son père – la rencontre avec sa future femme, l’arrivée des enfants, etc. Très vite, on est plongé dans la fresque intimiste de cette famille et l’on sent que le récit prend lentement mais assurément de l’ampleur. Toutes proportions gardées, on pense au travail de Richard Linklater sur Boyhood.

Mais Les Êtres chers est aussi et surtout un vrai mélodrame, dans le sens noble et classique du terme, qui prend des allures de fresque au sein d’une famille frappée d’une sorte de malédiction. Le film assume pleinement cette identité et joue totalement la carte de l’émotion, sans retenue mais sans artifices.

Anne Émond explore de manière sensible et intelligente les thèmes pourtant rebattus de la filiation et de la transmission. Le passage de flambeau se fait d’ailleurs le plus souvent par l’intermédiaire de lectures de textes – l’énonciation d’un testament, la déclamation d’un poème, la lecture d’un petit mot griffonné à la fin d’un carnet,…. Ce sont les scènes les plus belles du film et elles parlent assurément à l’affect et au vécu de ses spectateurs. Il faut parfois savoir céder devant un film qui privilégie l’émotion, d’autant plus quand la démarche est honnête.

Thibaut Grégoire

 

Le FIFF se tient à Namur du 2 au 9 octobre 2015

Plus d’infos sur le site du FIFF

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