Critique et analyse cinématographique

FIFF 2015 – « Ni le ciel ni la terre » de Clément Cogitore

Premier long métrage d’un jeune plasticien français, Ni le ciel ni la terre suit une troupe de soldat en mission en Afghanistan et instille du mystère et de l’étrangeté lorsque, suite à une intrigante cérémonie funéraire pratiquée par des autochtones, observée de loin et en vision de nuit avec des jumelles thermiques, les soldats commencent à disparaître – au sens propre – un à un.

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Si l’on pense tour à tour à Bruno Dumont (Flandres) et à Apichatpong Weerasethakul (Tropical Malady) à la vision de Ni le ciel ni la terre, le trouble métaphysique n’est certes pas le même que dans ces illustres modèles. Cogitore se situe probablement plus dans la mouvance d’un cinéma d’auteur français actuel, abordant des sujets potentiellement brûlants pour les vider de leur charge politique et en faire les toiles de fond de récits plus atmosphériques. On retrouve d’ailleurs parmi les auteurs du scénario Thomas Bidegain, auteur notamment de Dheepan, qui répondait à cette logique-là. On peut également voir dans la présence de Kevin Azaïs dans l’un des rôles principaux une filiation indirecte avec Les Combattants de Thomas Cailley. C’est peut être cette inscription dans un cadre bien déterminé d’un certain cinéma français qui empêche Ni le ciel ni la terre de se hisser à un niveau supérieur dans l’imaginaire cinéphilique.

Pourtant, ce ne sont pas les qualités qui manquent à ce premier film réellement maîtrisé – trop, peut-être. Qu’il s’agisse de la mise en place de la situation de surplace de ces hommes, de l’utilisation d’images d’infrarouges et de caméras thermiques donnant un cachet de surréalité aux scènes de nuit, ou encore du virage subtil du scénario vers une piste métaphysique, tout concourt à rendre le film vraiment intéressant. Seul le final, très trouble et un peu bâclé, laisse penser que le geste n’est pas accompli jusqu’au bout. Mais il n’en demeure pas moins que Clément Cogitore est assurément un auteur à suivre.

Thibaut Grégoire

 

Le FIFF se tient à Namur du 2 au 9 octobre 2015

Plus d’infos sur le site du FIFF

2 Réponses

  1. vu à Cannes, j’ai bien aimé également, et j’ai la même critique sur la fin du film que j’attendais plus évidente, un vrai dénouement à une histoire très trouble

    octobre 4, 2015 à 22:16

  2. Pingback: Sorties Cinéma – 07/10/2015 | CAMERA OBSCURA

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