Critique et analyse cinématographique

Quinzaine des Réalisateurs 2015 – Quelques films…

La Cinematek proposait le week-end dernier une reprise des films de la Quinzaine des Réalisateurs à Bruxelles, dans les murs de Flagey. Une reprise largement dominée par le magnifique film de Philippe Garrel et plombée par le navet de Jaco Van Dormael – malheureusement prophète en son pays, vu la manière dont il fût acclamé par une salle comble toute acquise à sa cause.

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L’Ombre des femmes de Philippe Garrel

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Dans ce superbe noir et blanc qui va si bien à son cinéma, Philippe Garrel propose une nouvelle variation sur le couple, l’infidélité et la jalousie, toujours dans un entre-deux fragile entre âpreté et tendresse. Alors qu’il dresse un portrait peu reluisant de son personnage principal – pourtant alter-égo évident – et du comportement amoureux des hommes, Garrel propose un contrepoint ironique des plus étonnants dans quelques scènes étrangement drôles et surtout lors d’un final badin et heureux, faisant presque basculer le film dans la comédie de remariage. La beauté du film se situe dans ce basculement, dans cette indécision et ce refus du moralisme unilatéral.

Note : 8/10

 

Fatima de Philippe Faucon

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Suivant une femme de ménage maghrébine et ses deux filles, dont l’une étudie la médecine à l’université, Fatima est un peu l’antithèse du précédent film de Philippe Faucon. Là où La Désintégration explorait les failles de l’intégration et la progression insidieuse de l’intégrisme, Fatima apporte une vision beaucoup plus nuancée, voire optimiste, sur le sujet. Si le film trouve le ton juste dans le portrait qu’il dresse de son personnage et de sa relation avec ses filles, il a tendance à verser dans le politiquement correct et le didactisme constitutifs de tout film à thèse.

Note : 5,5/10

 

Yakuza Apocalypse de Takashi Miike

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Takashi Miike pète un cable avec cet ovni ultraviolent dans lequel se côtoient yakuzas vampires et créatures délirantes. C’est, au choix, pratiquement irregardable ou complètement jouissif. Même en étant indécis, on peut convenir que le résultat a le mérite d’être original et que la mise en scène est constamment inventive.

Note : 5/10

 

Le Lendemain de Magnus Von Horn

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Le cinéma nordique nous propose son énième variation sur le thème de l’ostracisme dans une petite communauté (après La Chasse, The Reunion ou encore Flocken). Ici, c’est un jeune garçon fraîchement sorti de prison qui devient la tête de turc de son école et de toute sa petite ville. Moins manichéen que ses prédécesseurs, Le Lendemain n’échappe hélas pas aux travers du genre, entre cinéma d’entomologiste pervers et tentation du film coup-de-poing revanchard.

Note : 4/10

 

Le Tout Nouveau Testament de Jaco Van Dormael

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S’il arborait peut-être une certaine originalité au début des années 90, le cinéma de Jaco Van Dormael est aujourd’hui devenu la caricature de ce qu’il menaçait déjà d’être à ses débuts : un cinéma de publicitaire recyclant des gimmicks et des « trouvailles » usées jusqu’à la moelle.

Lire la critique complète

Note : 2/10

 

La reprise de la Quinzaine des Réalisateurs à Bruxelles avait lieu du 3 au 5 juillet, à Flagey

Plus d’infos sur le site de la Cinematek

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