Critique et analyse cinématographique

Brussels Film Festival 2015 – Retour sur la compétition (Misanthropie et humiliations)

Il est intéressant – et inquiétant – de se pencher sur la compétition qui était proposée par le Brussels Film Festival cette année. Si l’on pouvait déjà sentir poindre une certaine tendance au misérabilisme social lors des éditions précédentes, on peut dire que l’on a allègrement franchi un cap cette fois-ci.

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Durant cette semaine, on a donc pu voir onze films en compétitions et une vraie ligne, celle du cinéma d’auteur oppressif et totalitaire, faits d’humiliations en tous genres et baigné dans une misanthropie latente. Parmi les thèmes récurrents, on peut relever la dégénérescence physique ou mentale (In Your Arms, Body, Dora), la fascination morbide (Bridgend, Zurich, Body), le tourbillon de la délinquance (Gluckauf, Une mère, The Lesson), ou encore le harcèlement sous toutes ses formes (Flocking, Rough Road Ahead, The Lesson). Voilà le beau tableau que nous dressent le festival d’un idéal cinématographique gangréné par les films à sujets et l’épate-bourgeois systématique. Dans ce déluge de films « coup-de poing » de bas étages et de provocations de petits malins, deux films surnagent à peine (Body et Bridgend), eux aussi atteints par la vague de dépression chronique qui semble s’être emparée de la production cinématographique européenne.

 

Body de Malgorazata Szumowska

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Note : 6/10

 

Bridgend de Jeppe Ronde

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Note : 5,5/10

 

Dora or the Sexual Neuroses of our Parents de Stina Werenfels

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Il y a quelque chose d’obscène à exposer la sexualité des handicapés mentaux frontalement, sans précautions ni recul, surtout lorsqu’il s’agit de relations abusives. Cela, Stina Werenfels semble n’en faire que peu de cas et se contente de filmer son histoire édifiante sans réfléchir à ce qu’elle peut montrer ou pas. Ce déballage malsain apparaît d’autant plus mal à propos lorsque les dix dernières minutes ramènent le film à la radioscopie psychologisante des frustrations sexuelles de la mère de famille.

Note : 3/10

 

Flocking de Beata Gardeler

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Note : 4/10

 

Gluckauf de Remy van Heugten

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Un film hollandais sur la relation entre un père et son fils, tous deux vaguement délinquants. Charriant un déterminisme social pesant, sans pour autant en faire quelque chose scénaristiquement, Gluckauf pâtit d’une mise en scène inexistante et d’un casting plus qu’inégal.

Note : 3,5/10

 

In Your Arms de Samanou Acheche Sahlstrom

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Note : 3/10

 

Life in a Fishbowl de Baldvin Zophoniasson

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Alcoolisme, prostitution et prise de drogues…, les prémisses de ce film-choral islandais à trios personnages principaux pouvaient augurer du pire. Finalement, Life in a Fishbowl n’est que gentiment anodin. Il évite les pièges de la provocation inutile pour se diriger vers une chronique douce-amère des illusions perdues et des regrets, en n’apportant rien de neuf au genre et sans jamais se transcender par sa mise en scène, plus que basique.

Note : 4/10

 

Rough Road Ahead de Christian Frosch

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Dans les années 60, deux adolescents amoureux sont séparés par leurs parents tyranniques et envoyés chacun dans une institution pour jeunes en difficultés, aux pratiques totalitaires. On assiste ici à une succession de tortures physiques et mentales et d’humiliations, sous prétexte de dénoncer les dérives d’une société allemande en proie à un sursaut d’autoritarisme. Voici un « film coup-de-poing » comme on les déteste, dont le but est de choquer à tout prix, en s’appuyant sur un prétendu fond sociétal, jamais développé comme il devrait l’être. L’un des pires films de cette compétition, avec The Lesson et Une mère.

Note : 2/10

 

The Lesson de Kristina Grozeva et Petar Valchanov

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Note : 1/10

 

Une mère de Christine Carrière

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Note : 2/10

 

Zurich de Sacha Polak

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Première partie : Une femme en deuil erre sur les autoroutes en compagnie d’un chien volé. Elle rencontre un homme…. Deuxième partie : La même femme, quelques temps plus tôt, perd son compagnon dans un accident de la route. Vous l’aurez compris, l’argument du film est d’inverser sa dramaturgie, afin de se rendre plus intéressant. Ça se veut atmosphérique et sensoriel, mais c’est surtout sentimentaliste et outré. Malgré tout, cela reste un des moins mauvais films de la compétition. C’est dire….

Note : 4/10

 

Le Brussels Film Festival se tient du 5 au 12 juin, à Flagey

Plus d’infos sur le site du festival

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