Critique et analyse cinématographique

Brussels Film Festival 2015 – « Fidelio, l’odyssée d’Alice » de Lucie Borleteau

Pour son premier long métrage, la française Lucie Borleteau réunit un des casting les plus « trendy » du moment dans les milieux cinéphiles parisiens (Ariane Labed, révélée par Attenberg, Melvil Poupaud et le norvégien Anders Danielsen Lie, vu dans Oslo, 31 août) mais parvient surtout à créer un personnage féminin extrêmement fort et à donner une dimension mythologique à un marivaudage a priori très léger.

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En couple avec un dessinateur de bande dessinée norvégien, Alice part en mer pour plusieurs mois, afin d’exercer son métier de mécanicienne marine, à bord du Fidelio. Sur le bateau, elle découvre que l’homme qu’elle est venue remplacer est mort en exercice et que le capitaine du navire n’est autre que Gaël, son premier grand amour.

Dans un premier temps, le film se partage entre la description presque documentaire du travail des marins ainsi que des interactions entre membres de l’équipage – le chef mécanicien, ses subalternes, les ouvriers philippins… – et la mise en place d’un trio amoureux, vu du point de vue de la femme et de manière très primesautière.

Après un retour sur terre sous forme de césure, la deuxième mission d’Alice à bord du Fidelio aborde les deux versants du film de manière plus âpre, avec une dimension de prise de conscience adulte qui mettrait fin à la légèreté décomplexée qui semblait baigner la première partie. Malgré cela, le film se garde bien d’être moralisateur. Au contraire, il fait de son personnage de femme libre la seule maîtresse et juge de ses actes, tout en la maintenant toujours une tête plus haut que son entourage, essentiellement masculin.

Au-delà des lectures féministe ou mythologique – sous-entendue par le titre – Fidelio, l’odyssée d’Alice peut aussi être vu, plus en filigranes, comme un film de fantômes. Dans sa cabine, Alice retrouve en effet le journal intime de son prédécesseur, décédé à bord. Mettant en perspective sa vision de l’amour et celle du défunt, la jeune femme se laisse hanter par cet esprit tenace, qui semble ne pas vouloir quitter le bateau. Cette piste scénaristique développée parmi d’autres recèle une des beautés discrètes de Fidelio, lequel est assurément un film multiple.

Thibaut Grégoire

 

Le Brussels Film Festival se tient du 5 au 12 juin, à Flagey

Plus d’infos sur le site du festival

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