Critique et analyse cinématographique

Brussels Film Festival 2015 – « Flocken » de Beata Gardeler

On savait déjà que les nordiques n’aimaient pas leurs pays et leur société, comme l’ont démontré à de nombreuses reprises plusieurs cinéastes contemporains – Lars von Trier, Thomas Vinterberg ou encore l’effroyable Anna Odell. Flocken est donc une nouvelle démonstration que la pression des petites communautés scandinaves crée des monstres en puissance.

flocken-film

Le film de Beata Gardeler est, en quelque sorte, le contre-exemple de La Chasse de Thomas Vinterberg, dans laquelle toute la communauté d’une petite ville danoise se transformait en collectif de bourreaux pour un enseignant accusé de pédophilie. Ici, c’est le point de vue de la « plaignante » qui est adoptée, puisque la jeune Jennifer devient la tête de turc de tout un village suédois lorsqu’elle plainte pour viol contre l’un de ses camarades de classes.

Comme il apparaît très vite assez clairement que le viol a bel et bien eu lieu et que l’ensemble des villageois se voilent la face afin de maintenir l’équilibre ténu qui sous-tend leur communauté, le film devient d’emblée une représentation extrêmement lourde de l’aveuglement et de l’hypocrisie communautaire, baignée dans une bien-pensance cautionnée par l’Église. De même, il prend bien le soin d’exposer méticuleusement et de manière sadique le martyr que subit son personnage principal et sa famille, persécutés au nom de la bêtise.

La cinéaste et la scénariste (Emma Broström) haïssent visiblement tous leur personnages et le démontrent de manière ostentatoire : en les affublant de tous les vices et de toute l’ignorance du monde en ce qui concerne les villageois, ou en les accablants de toutes les tortures mentales possibles et imaginables pour ce qui est de Jennifer, de sa mère et de sa sœur. Dans cet épouvantable tableau pessimiste et doloriste, il ne reste aucune place pour une lueur d’espoir, confirmant que la misanthropie de bon aloi gagne du terrain dans le cinéma d’auteur « de festivals ».

Thibaut Grégoire

 

Le Brussels Film Festival se tient du 5 au 12 juin, à Flagey

Plus d’infos sur le site du festival

Une Réponse

  1. Pingback: Brussels Film Festival 2015 – Retour sur la compétition (Misanthropie et humiliations) | CAMERA OBSCURA

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