Critique et analyse cinématographique

Brussels Short Film Festival 2015 – Allemagne

Dans le focus qu’a consacré le festival du court métrage à l’Allemagne, ce sont des films expérimentaux et d’animation qui on retenu notre attention, au milieu de choses plus conventionnelles et naturalistes.

bsffallemagne

Deux films expérimentaient la transformation des formes, de deux manières différentes mais dans le même but: Another Season d’Anna Lytton en utilisant un simple trait de crayon et son tracé continu pour assimiler le corps humain aux plantes et aux arbres, dans une mutation constante du dessin et une hybridation en mouvement ; Artefakt d’Iris Schwarz en partant également du corps humain – un dos féminin – pour montrer la texture de l’image numérique et ce que ses déflagrations – pixellisation, persistance des couleurs, … – peuvent créer comme visions nouvelles à partir de surfaces connues. Ces deux films sont intéressant par leur volonté de créer de nouvelles images – que ce soit à partir de rien en ce qui concerne le film de Lytton, ou en utilisant des imperfections du numérique pour Schwartz – mais aussi par leur capacité à s’emparer du format court – voire très court, concernant Artefakt – pour y exprimer quelque chose qui s’y prête totalement, là où des films plus scénarisés échouent à en exploiter les spécificités.

Dans une moindre mesure, deux autres films d’animation ont tiré leur épingle du jeu dans ce programme, en tirant le mieux parti du cadre court. Recently in the Woods de Daniel Van Westen joue la carte du gag rapide et surréaliste, avec ses deux chevaux se moquant d’une licorne. Le film repose entièrement sur sa chute et sa naïveté rafraîchissante, le tout emballé en une seule minute. Tout est dit, la blague fonctionne, pas besoin de faire plus long. Sry Bsy de Verena Westphal et Moritz P.G. Katz est un peu moins court mais tout aussi concis, et met en scène un personnage esclave de son ordinateur, qui prend son café en intraveineuse et met directement ses aliments dans son ventre – littéralement –, entre autres. Sry Bsy emprunte un style que n’aurait pas renié Tim Burton, et surprend par sa noirceur. Ces deux petits films ne brillent pas par une esthétique éblouissante, et sont même visuellement assez laids mais sont, encore une fois, en totale adéquation avec l’idée même de court métrage et font des propositions à cette mesure, plutôt originales.

Thibaut Grégoire

 

Le BSFF se tient du 23 avril au 3 mai à Bruxelles

Plus d’infos sur le site du festival

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