Critique et analyse cinématographique

« Le Septième fils » de Sergey Bodrov : Heroïc sans fantaisie

Alors que son apprenti vient de se faire tuer par son ennemie jurée, le vieux Maître Gregory, « épouvanteur » de son état – ou chasseur de sorcières, pour faire plus simple – va arracher le septième fils d’une famille de paysans à sa vie paisible, pour le former afin qu’il devienne le héros annoncé dans la tradition prophétique. À deux, ils se lancent à la poursuite de la Mère Malkin, sorcière maléfique dotée de pouvoirs illimités et capable de se transformer en dragon.

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Adapté de la série de livres pour la jeunesse L’Épouvanteur, Le Septième fils essaye de démarrer une énième saga cinématographique visant à drainer un public adolescent dans les salles. Mais vu les résultats très médiocres obtenus par le film au box-office américain, il semble plus que probable qu’il rejoigne La Boussole d’or, Numéro quatre ou encore Eragon dans la liste des dossiers classés sans suite par Hollywood.

Il faut dire que Le Septième fils n’est pas très clair quant à son plan marketing puisque ce sont deux acteurs à l’âge vénérable qui sont mis en avant tant dans la promotion que dans le film lui-même. La confrontation entre Jeff Bridges et Julianne Moore, seize ans après The Big Lebowski des frères Coen, phagocyte quelque peu l’intrigue, au détriment de l’apprentissage du héros et de son amourette avec une jeune sorcière. Bridges et Moore semblent d’ailleurs prendre un certain plaisir à cabotiner et à s’envoyer des répliques ineptes. Si cet élan de bonne humeur décomplexée pourrait tout à fait contaminer le spectateur et rendre le film regardable et appréciable au second degré, il ne transperce malheureusement que lors de quelques scènes, noyées dans un ensemble beaucoup trop solennel.

Il y a un vrai décalage entre le côté insignifiant d’un tel film, sorte de Seigneur des anneaux bon marché, et le traitement sérieux et pompier que lui inflige le réalisateur. Bodrov aime vraisemblablement les grandes épopées guerrières – à l’image de son film sur Genghis Khan, Mongol – mais s’est malheureusement trompé de sujet en voulant faire d’une modeste fantaisie un drame shakespearien. Le film n’a absolument pas les moyens de sa politique, et l’aspect presque « cheap » de certains effets spéciaux, ainsi que le manque d’originalité global d’un type de récit et d’univers vu et revu, le rendent très fragile et anecdotique dans le paysage riche et diversifié des blockbusters.

Thibaut Grégoire

 

Retrouvez cette critique sur Le Suricate Magazine

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