Critique et analyse cinématographique

« Papa ou maman » de Martin Bourboulon : Comédie familiale vs. politiquement incorrect

Scénarisé par les auteurs du Prénom (Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière), le premier film de Martin Bourboulon tente d’asseoir un nouveau type de comédie française, moins consensuel, dans l’esprit des récents Babysitting et Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu ?. Au final, il y parvient peut-être mieux que ses prédécesseurs.

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Papa ou maman est un film à « pitch », lequel est d’ailleurs résumé en quelques mots sur l’affiche : « Ils divorcent. Ils vont tout faire pour NE PAS avoir la garde des enfants. ». Florence et Vincent (Marina Foïs et Laurent Lafitte) ont en effet mieux à faire que de s’occuper de leur progéniture puisqu’ils ont chacun décroché une belle promotion dans leur travail, qui va les envoyer à l’étranger pendant plusieurs mois. Le divorce qui avait commencé à l’amiable vire alors au pugilat tandis que chacun tente de convaincre les enfants d’aller habiter chez l’autre. Pour cela, tout est permis : intimidations, humiliations, mensonges et chantage émotionnel.

Si le film essaye tout de même de rester dans les limites de la comédie familiale, la ligne est parfois proche d’être transgressée, notamment dans la manière dont les parents indignes traitent leurs enfants pour s’en débarrasser. Mais c’est cette tendance – pas totalement assumée, cependant – au politiquement incorrect qui donne tout son sel au film.

Reposant surtout sur sa bonne idée de départ et son scénario qui en décline les possibilités, Papa ou maman tire bien parti de son inversion parents-enfants, avec ses adultes dépassés qui se comportent comme des sales gosses. Les situations inconfortables se multiplient et les enfants deviennent vite les dindons de la farce de cette « guéguerre » puérile. Ce qu’il en découle va à rebrousse-poil des conventions de la comédie familiale, dans laquelle on a plutôt l’habitude de voir les enfants se jouer des adultes. On se retrouve donc avec quelques scènes originales et assez sadiques, comme celle où Marina Foïs s’incruste dans une fête pour faire honte à sa fille.

Il y a dans le film une volonté apparente de se démarquer du tout venant de la comédie française, qui se traduit notamment par une recherche constante de l’originalité dans les dialogues, au risque de déstabiliser et de ne pas toujours atteindre sa cible. Le décalage systématique mène parfois certaines scènes à se prendre les pieds dans le tapis, mais le dynamisme et l’envie de bien faire générale confèrent au film une vraie sympathie, qui est probablement son plus bel atout.

Thibaut Grégoire

 

Retrouvez cette critique sur Le Suricate Magazine

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2 Réponses

  1. Pingback: Sorties Cinéma – 04/02/2015 | CAMERA OBSCURA

  2. Haaaa enfin un film de premier choix… 😀

    février 13, 2015 à 03:47

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