Critique et analyse cinématographique

FIFF 2014 – « Mon amie Victoria » de Jean-Paul Civeyrac

Inspiré du roman de Doris Lessing, Victoria et les Staveney, le huitième long métrage de Jean-Paul Civeyrac fait le choix du littéraire et apporte une proposition cohérente d’adaptation cinématographique, tout en gardant la substance de ce qu’est une narration livresque.

mon-amie-victoria

Après avoir passé une nuit par hasard dans une famille bourgeoise, la jeune Victoria, issue d’un milieu modeste, grandit en idéalisant celle-ci. Elle vivra par la suite une courte aventure avec l’un des fils, dont naîtra une petite Marie. Décidant d’abord de cacher l’enfant à son père, elle finit par lui révéler la vérité sept ans plus tard, mais la générosité de sa nouvelle famille à l’égard de la petite fille aura des répercussions sur la relation entre Victoria et ses deux enfants.

La construction du film, en chapitres portant chacun le nom d’un personnage et s’articulant autour d’un moment particulier de la vie de Victoria, met bien en évidence la volonté de Civeyrac de raconter une histoire romanesque, et de le faire en utilisant des conventions propres à ce type de narration. La voix-off de Fanny, la sœur de cœur de Victoria, déclame d’ailleurs le texte d’un roman qu’elle est en train d’écrire, et place les images qu’elle accompagne dans un équilibre ambigu entre réalité et récit fictionnalisé de celle-ci. La mise en scène et le jeu des acteurs ne sont d’ailleurs jamais réalistes et participent à cette dimension de conte moral.

Derrière cette référence à Rohmer – accentuée par l’utilisation de l’acteur « rohmérien » Pascal Greggory en grand-père envahissant – se cache également une tentative de mélodrame sobre, délesté de pathos et dans lequel l’émotion afflue de manière détournée, au fil des variations et des ellipses. Le personnage de Victoria est en cela assez archétypal du mélodrame, subissant sans pouvoir broncher les conséquences de situations qu’elle a elle-même créées, et la direction d’acteurs renforce cette impression d’inéluctabilité.

Thibaut Grégoire

 

Le FIFF se tient du 3 au 10 octobre, à Namur.

Plus d’infos sur le site du FIFF

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2 Réponses

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