Critique et analyse cinématographique

Quinzaine des Réalisateurs 2014 – « A Hard Day » de Kim Seong-hoon

Dans une sélection comme celle de la Quinzaine, dans laquelle se côtoient films à sujets, films coup-de-poing tape-à l’œil et vrais films d’auteurs, la présence d’un film de genre sans réelles ambitions auteuristes constitue parfois un moment de respiration bienvenu, surtout lorsque celui-ci s’avère plus malin et plus virtuose que prévu.

A-Hard-Day-1

A Hard Day prend la forme d’un suspense classique, assez proche de certains films noirs ramassés sur une courte période diégétique (Mort à l’arrivée, The Big Night,…). On y suit la descente aux enfers de l’inspecteur Gun-su qui, dans la même journée, doit faire face à l’enterrement de sa mère et à une enquête interne sur ses agissements douteux. Comme si cela ne suffisait pas, le voilà qu’il tue accidentellement un homme dans un accident de voiture, le contraignant à cacher le corps à tout prix.

Le thème de la « journée de merde » est ici assez bien exploité dans la première partie du film, donnant lieu à des séquences jouissives, particulièrement bien mises en place. La scène dans laquelle le héros tente de dissimuler le corps de sa victime dans le cercueil de sa mère, étirée jusqu’à l’absurde mais ne perdant jamais en tension, flirte même avec une certaine forme de burlesque. Cette propension au gag visuel et physique reviendra d’ailleurs à la fin du film, dans un déferlement de violence stylisée et chorégraphiée, rappelant que le film d’action puise précisément ses origines dans le cinéma burlesque.

Entre ces deux temps forts, et lors de sa seconde partie, le film se concentre sur le jeu du chat et de la souris que se livrent Gun-su et un maître-chanteur retors, témoin de son homicide involontaire. Le scénario s’amuse dès lors à déstabiliser le spectateur en le faisant participer activement à une partie d’échecs dans laquelle les rapports de domination ne cessent de s’inverser. Film de pur divertissement qui assume pleinement sa fonction ludique, A Hard Day semble être le film pour lequel a été inventée l’expression « ne boudons pas notre plaisir ».

Thibaut Grégoire

 

La reprise de la Quinzaine des Réalisateurs s’est tenue du 20 au 26 juin à la Cinematek de Bruxelles

Plus d’infos sur le site de la Cinematek

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