Critique et analyse cinématographique

« Yves Saint Laurent » de Jalil Lespert : Calme plat

Voici le premier de deux films, mis sur les rails plus ou moins en même temps, prenant comme sujet la vie et/ou la carrière du créateur de mode Yves Saint Laurent. Des deux projets, le film de Jalil Lespert est celui qui a reçu l’approbation de Pierre Bergé, tandis que l’autre a dû se battre contre l’hostilité de celui-ci. On comprend aisément pourquoi c’est le présent film qui a eu le feu vert de l’intéressé, tant il est consensuel et sans aspérités. On espère d’autant plus que le projet de Bertrand Bonnello défende, pour sa part, un réel point de vue et s’intéresse plus à l’aspect artistique qu’à la partie people de la vie de Saint Laurent, contrairement à celui-ci.

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On retrouve dans Yves Saint Laurent tous les travers du « biopic » tel que l’on peut se l’imaginer, porté par de bons acteurs en mode « performance » mais sans aucun point de vue sur ce qu’il raconte. On a donc le droit à une plate illustration de la vie de l’icône, qui s’évertue malgré tout à pointer ça et les quelques tares et défauts de l’homme pour ne pas tomber dans l’hagiographie. En dehors de cette récitation appliquée, il n’y a absolument rien à relever qui soit propre au film. La lecture de la fiche Wikipedia de Saint Laurent ou celle du livre dont est tiré le scénario nous en apprendrait tout autant sinon plus.

Il n’y a rien ici qui justifie l’utilisation du médium cinéma, et aucun sujet digne de ce nom qui justifie une œuvre en soi. A quoi bon s’attaquer à la vie d’un créateur si c’est pour faire le portrait d’un maniaco-dépressif volage, que l’on aurait pu trouver n’importe où. Il n’y a pas une seule scène ici qui montre un tant soit peu le processus de création, ou qui essaye de rentrer dans la tête de Saint Laurent pour autre chose que des histoires de coucheries et de jalousie. On aurait pu avoir un film sur la notion complexe et ambivalente de « mode », doublée d’une réflexion sur la création, propice à la mise en abyme, et l’on se retrouve avec un énième drame bourgeois, sans réel enjeu et surtout sans saveur.

Thibaut Grégoire

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