Critique et analyse cinématographique

FILM FEST GENT 2013 – « The Immigrant » de James Gray

Comme à l’accoutumée, le dernier film de James Gray a été montré à Cannes où il n’a pas convaincu les foules et est reparti sans prix. Mais comme à l’accoutumée également, The Immigrant est voué à être réévalué à sa sortie, comme le furent jadis We Own the Night et Two Lovers – peut-être dans une moindre mesure, tout de même.

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Déroulant l’histoire classique, mais sans doute conforme à la réalité, d’Ewa, une jeune immigrée venue à New York en bateau au début du XXème siècle pour goûter à la liberté, et qui finit exploitée par un maquereau déguisé en saltimbanque, The Immigrant aurait pu verser dans l’histoire édifiante et faire du parcours d’Ewa un long martyr complaisant.

Mais lorsque l’on connaît le cinéma de James Gray, on peut très vite écarter cette éventualité, puisque c’est en réalité ses thèmes de prédilection qu’il veut développer à l’intérieur de ce récit dans lequel on ne l’attendait pas vraiment. Outre le triangle amoureux formé par Ewa, son maquereau Bruno et le magicien Orlando – triangle qui n’existe d’ailleurs pas réellement, vu l’unilatéralité de l’attraction qu’éprouvent les deux hommes pour Ewa – ce sont deux autres obsessions de Gray qui constituent au final le vrai sujet du film, à savoir la fascination masculine pour un idéal féminin et la rédemption.

Le personnage principal du film se révèle donc ne pas être Ewa – jouée par une Marion Cotillard en mode Oscar – mais bien Bruno, auquel Joaquin Phoenix apporte une ampleur qu’il était probablement le seul à pouvoir lui donner. Le film, s’il peut paraître très classique se voit alors justifié par sa dernière scène, dans laquelle Phoenix est sur le fil du rasoir et qu’il parvient à transcender par sa nervosité bouillonnante, là où beaucoup d’autres auraient été ridicules. C’est bien la rédemption de son personnage qui s’impose alors comme le véritable sujet du film, tandis que le dernier plan miraculeux sauve in extremis celui-ci de l’académisme.

Thibaut Grégoire

 

Le 40ème Festival du Film de Gand se tient du 8 au 19 octobre

Plus d’infos sur le site du festival

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