Critique et analyse cinématographique

FILM FEST GENT 2013 – « Like Father, Like Son » de Hirokazu Koreeda

En mai dernier, Tel père, tel fils remportait le Prix du Jury au dernier Festival de Cannes alors que d’aucuns disaient qu’il était le favori du président Steven Spielberg. Si l’on peut voir le rapport entre le film de Koreeda et le cinéma de Spielberg, il en est pourtant assez éloigné dans la manière dont il élude le point de vue des enfants.

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Démarrant sur les époux Nonomiya, qui découvrent que leur fils a été échangé à la naissance et qu’ils ont donc élevé durant six ans l’enfant d’une autre famille, le film développe sa fable sur les liens du sang et les liens affectifs en faisant se rencontrer les deux familles, issues de milieux sociaux opposés.

Si le sujet a pu donner des comédies de contrastes par le passé (La Vie est un long fleuve tranquille), la manière dont il est traité ici lorgne plus du côté de la chronique douce-amer, sans pour autant éviter la lourdeur de certaines situations. Lors de la première rencontre entre les deux familles dans un centre commercial, la précarité de l’une est appuyée à plusieurs reprises, par la frilosité du mari à payer la note, puis par un dialogue dans lequel le couple exprime son désir de se voir attribuer des dommages et intérêts par l’hôpital où ont été intervertis les bébés. Le regard que pose sur eux le couple nanti à ce moment-là est quelque peu problématique étant donné que le film épouse leur point de vue.

De la même manière, on peut également déplorer les dialogues peu subtils sur les liens du sang, et l’allusion constante au fait que la mère aurait dû s’apercevoir que l’enfant qu’on lui donnait n’était pas son fils. Même en tenant compte des différences culturelles entre nous, spectateurs, et les personnages du film, on ne peut que constater que ces positions sont utilisées uniquement pour appuyer le discours inverse, que le film veut défendre.

Enfin, il est assez surprenant qu’un film qui traite de la filiation donne aussi peu la parole aux enfants. Si celle-ci intervient bien in extremis, elle n’est là que pour amener le personnage du père à une prise de conscience. Les enfants ne sont donc finalement utilisés que comme un ressort scénaristiques de plus.

Emballé dans une mise en scène très classique et en retrait, le film a malgré tout un charme discret et doux qui peut séduire, mais son propos et le traitement de ses personnages le rendent au final assez roublard et mineur.

Thibaut Grégoire

 

Le 40ème Festival du Film de Gand se tient du 8 au 19 octobre

Plus d’infos sur le site du festival

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