Critique et analyse cinématographique

FIFF 2013 – « Un château en Italie » de Valeria Bruni Tedeschi

Après Il est plus facile pour un chameau… et Actrices, Valeria Bruni Tedeschi continue son cinéma autofictionnel, et se voit offrir les honneurs de la reconnaissance par sa sélection en compétition officielle au dernier Festival de Cannes, dont elle est fort heureusement repartie bredouille.

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Ce qu’il faut reconnaître à l’actrice-réalisatrice, c’est qu’elle n’a pas peur d’exposer ses faiblesses humaines à l’écran – parfois complaisamment –, quitte à se rendre antipathique. En effet, son personnage et sa situation sont très proche de sa réalité et la manière dont sont rendus à l’écran son mode de vie et ses préoccupations ne peuvent que l’amener à s’exclure toute une partie du public, peu concernée par les atermoiements d’une pauvre petite fille riche et des soucis que peuvent rencontrer des nobles déchus pour refourguer un château ou des tableaux de Brueghel aux enchères.

Le problème n’est pas tant que les préoccupations du film semblent incroyablement éloignées des réalités du monde, mais plutôt qu’elles soient traitées comme de vrais ennuis, déterminants pour la situation des personnages. En outre, la façon dont le scénario s’applique à mêler ces déboires financiers à des enjeux plus graves, comme la réelle pauvreté d’un ancien ami de la famille, et surtout le SIDA dont est atteint le frère aîné, tend à mélanger les degrés de gravité afin de faire passer la pilule.

Quoi qu’il en soit, ces histoires de riches qui s’étonnent de subir un contrôle fiscal ou de devoir se plier comme tout le monde aux horaires d’ouverture d’un grand-magasin (sic) paraissent pour le moins indécentes, et s’enfoncent encore un peu plus quand commence à tinter le refrain du « chacun chez soi », probablement entamé de manière sarcastique mais sans jamais vraiment être remis en question.

Comme si la coupe de l’agacement n’était pas encore assez pleine, elle se retrouve encore remplie par la manière dont Bruni Tedeschi utilise Louis Garrel, contraint de se caricaturer lui-même dans le rôle d’un acteur qui tourne des films avec sont père – scène particulièrement schématique de tournage. Elle s’offre en plus le luxe de parodier la participation avortée de Garrel à Laurence Anyways de Xavier Dolan, qu’elle semble vouloir ridiculiser dans une scène tout simplement honteuse. Ce sont cette arrogance mal placée et son insolente insouciance de classe qui rendent Un château en Italie profondément désagréable.

Thibaut Grégoire

 

Le Festival International du Film Francophone de Namur se déroule du 27 septembre au 4 octobre

Plus d’infos sur le site du festival

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