Critique et analyse cinématographique

FIFF 2013 – « La Bataille de Solférino » de Justine Triet

Pour son premier long métrage, Justine Triet mêle habilement documentaire et fiction en immergeant un couple en crise en plein milieu des mouvements de foule de la rue de Solférino, le jour de l’élection de François Hollande.

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Dans la fiction, Laetitia est journaliste à i-Télé et doit couvrir les réactions des militants au siège du PS, rue de Solférino, au moment de l’annonce du nouveau président élu. Par malchance, c’est ce jour-là que choisit Vincent, son ex-compagnon, pour revendiquer son droit de visite à ses filles. La bataille des deux parents va donc se poursuivre sur un autre terrain, dans cette rue de Solférino envahie par la foule.

Dans la réalité, Justine Triet plonge son actrice Laetitia Dosch et son équipe technique, au milieu des militants et des badauds excités ou éméchés, dont la plupart croient que la caméra qui les filme est réellement celle d’iTélé. Dans ce contexte particulièrement tendu, Vincent Macaigne et les autres acteurs rejoignent la fausse journaliste pour faire exister le film qu’ils sont bel et bien en train de tourner au cœur de cette actualité brûlante.

Ce que le film réussit incontestablement, c’est cet investissement de la réalité par la fiction, qui plonge le spectateur au cœur de l’action de manière presque participative. En effet, ces images de joies ou de déceptions instantanées ont été vues et permettent de situer le film dans une vérité très concrète, à laquelle tout un chacun peut se rapporter. Par ailleurs, tandis que la fiction gagne du terrain sur la réalité et parvient à l’utiliser en sa faveur, le personnage de Vincent gagne peu à peu du terrain sur son ex, puisqu’il l’envahit jusque sur son propre territoire, son lieu de travail. Ce parallèle entre le récit et le procédé utilisé pour l’illustrer – ainsi que le prodigieux Vincent Macaigne, acteur de demain – fait de La Bataille de Solférino une solide leçon de mise en scène, donnée à tout le cinéma français par une jeune cinéaste récemment diplômée.

Thibaut Grégoire

 

Le Festival du Film Francophone de Namur se tient du 27 septembre au 4 octobre

Plus d’infos sur le site du festival

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