Critique et analyse cinématographique

« Tango libre » de Frédéric Fonteyne

Parfois, en tant de disette cinématographique, un petit film à vocation populaire peut éventuellement vous surprendre, par sa légèreté ou par le charisme de ses comédiens. Il va sans dire qu’un film de ce type est aussi rare que son charme est volatile, mais son parfum, s’il finit en général par s’estomper au profit de celui d’un autre, plus durable, laisse malgré tout une empreinte fragile dans votre mémoire, quitte a disparaître pour réapparaître plus tard. Il me semble que Tango Libre est de cette trempe-là.

Ce n’est pas la première fois que je me laisse surprendre par un film mettant en vedette François Damiens. La fois précédente, il s’agissait d’Une pure affaire qui, sous ses aspects de comédie franchouillarde balisée, explorait des voies sinueuses et borderline, habituellement creusées par les séries américaines de type HBO. Une fois encore, un film avec Damiens m’a plu malgré lui, si je puis dire. De là à penser que la présence de l’intéressé y est pour quelque chose, il n’y a qu’un pas.

Mais c’est aussi grâce à ses autres comédiens et a son histoire que le film a retenu mon attention. En effet, le tango qui se déroule à l’écran ne se danse pas en duo, mais bien en quatuor, voire en quintet. A son centre se trouve une femme, Alice, interprétée par Anne Paulicevich. Alice fréquente assidûment les parloirs d’une prison, puisqu’elle y visite en alternance Fernand et Dominic. Deux hommes qu’elle aime toujours autant et dont un est le père de son fils. Dans ses heures libres, Alice suit aussi des cours de tango, où elle côtoie Jean-Christophe, qui se trouve être maton à la prison. Puisque celui-ci tombe assez vite amoureux d’elle, il complète ce quatuor d’amoureux, auquel vient se greffer, au fil de l’histoire, le fils d’Alice.

Certes, le postulat de base est classique, mais peut-être pas si courant que cela, finalement. Quoi qu’il en soit, son exécution se révèle fluide, particulièrement dans les scènes de parloirs, lors desquelles le réalisateur parvient à faire exister les cinq personnages et à mener de front, en montage alterné, plusieurs dialogues à la fois. Le tango du titre se joue également dans ces séquences-là. Et, au-delà des scènes de danse, entre Alice et Jean-Christophe mais aussi entre les détenus, c’est une véritable chorégraphie qui s’exécute entre les personnages et les différentes pistes narratives.

S’il n’évite pas certains clichés des films de prison, Tango libre parvient malgré tout à jouer avec ceux-ci pour finir par en faire une force. Tout en restant intrinsèquement une comédie de marivaudages, le film emballe en fin de compte par sa fraîcheur et la liberté des sentiments qu’il propose. C’est en ne déviant pas de son programme de divertissement qu’il se démarque au final du tout-venant de ce genre de productions. Tango libre est ce que l’on pourrait appeler un « honnête divertissement », mais il est peut-être aussi un peu plus que ça.

Thibaut Grégoire

(Tango libre était présenté en ouverture du 27ème FIFF, le vendredi 28/09)

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